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Blog du CUGA

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Il n'y a donc pas que nous ...

Sur :    www.architectes-idf.org


Tribune - Jusqu'où laissera-t-on dériver les PPP ? Le très mauvais exemple des collèges de la Seine-Saint-Denis


L’Ordre des architectes a déjà à plusieurs reprises exprimé sa très grande réserve sur le dispositif des partenariats public-privé appliqué à la production architecturale.

En mêlant simultanément dans une même offre l’architecture, les travaux de l’entreprise, les conditions financières de l’emprunt, la maintenance et la résultante financière qu’est le loyer à payer sur une longue période, le partenariat public-privé conduit inévitablement à la marginalisation du critère de la qualité architecturale du projet.

Aujourd’hui, avec le système mis en place par le Conseil Général de Seine-Saint-Denis pour la construction de 12 collèges par le biais de trois contrats partenariat public-privé, c’est une étape supplémentaire qui est franchie, justifiant les nombreuses craintes déjà formulées et en faisant naitre de nouvelles.

Chacun des PPP recouvrant la construction de 4 collèges, pourtant situés sur des communes différentes , le jugement des offres de chacun d’eux sera donc renvoyé à une appréciation globale moyenne qui présente le risque inacceptable d’un résultat qualitatif qui ne soit pas optimum pour chacun des équipements.

Ce n’est en effet pas le meilleur projet pour chaque collège qui sera choisi in fine mais la meilleure prestation globale d’un groupement pour un lot de 4 collèges. L’hypothèse que le groupement sélectionné ne propose pas les meilleurs projets pour chacun des quatre collèges du lot est donc fort probable, ce au détriment de certaines des collectivités qui accueilleront ces futurs équipements et en totale contradiction avec l’esprit de la loi de 1977 affirmant l’intérêt public de l’architecture.

Outre la question centrale de l’affaiblissement du critère de la qualité du projet architectural, l’Ordre des architectes d’Île-de-France dénonce également l’absence d’indemnités pour les équipes ayant remis une esquisse mais n’étant pas retenues au cours du dialogue compétitif pour la phase finale (la remise de l’offre étant prévue en deux phases) et les conditions de rémunération très nettement insuffisantes pour les architectes participant à la totalité du dialogue.

On peut également émettre des doutes sur l’efficacité économique supposée de cette procédure, le regroupement en macro lots de 4 collèges écartant de fait de nombreuses entreprises et restreignant la concurrence à un  très petit nombre de groupes aptes à faire face à de telles conditions financières.

Jusqu’à ce jour la construction des collèges a toujours relevé en Ile de France de concours d’architecture. Ceux-ci ont grandement contribué à dynamiser la diversité et la qualité architecturale, à changer l’espace de la vie scolaire, et à enrichir le patrimoine de l’architecture contemporaine francilienne.

Alors qu’il était parfaitement possible au Conseil Général de Seine Saint-Denis d’organiser pour chaque collège  une première phase de concours d’architecture et de mettre au point le projet lauréat par la suite avec les groupements, le recours à la procédure de PPP dès la conception et dans une logique globalisante, marque un recul inacceptable de la primauté du projet architectural dans la conception d’équipements publics majeurs sur le territoire de nos villes.

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A
<br /> <br /> Selon Herve Kempf [1], le Partenariat Public-Privé (PPP), est aussi une méthode de prédation du<br /> bien public, en stimulant la concurrence privée sur de grands services publics comme la santé ou l’éducation.<br /> <br /> <br /> La démarche consiste à faire financer par le secteur privé un investissement d’intérêt public,<br /> tel que prison, gendarmerie, hôpital,……..Construction, entretien et fonctionnement du projet sont assurés par le « partenaire », dont la rémunération est assurée par un loyer que lui<br /> verse l’Etat pendant plusieurs dizaines d’années.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Ce faisant, dans ce système, l’ami qui vous serre la main droite en plongeant sa<br /> main gauche dans votre poche pour prendre votre portefeuille est soit disant un partenaire. Ainsi, l’Etat continue à lancer des projets jugés utiles, sans recourir directement à<br /> l’endettement.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Certains, à Gauche, diront que sur le fond, cette méthode Etatique est discutable. Mais alors,<br /> lorsqu’il s’agit du Conseil Général de Seine-Saint-Denis soit disant Socialiste, et toujours prompt à donner des leçons de vertu, si  je n’étais pas<br /> un citoyen éclairé des subtilités du monde politique, le Président de ce Conseil Général pourrai me faire prendre  des vessies pour des lanternes.<br /> Car, en fait, un PPP, c’est aussi une façon de creuser la dette publique sans que cela apparaisse dans les comptes. Ainsi, la Cour des Comptes jugeait en 2008, que cette méthode apparaissait pour<br /> le moins inopportune, pour un service public non marchand. Mais le PPP est aussi un procédé qui accroît le pouvoir des grandes entreprises, les seules à même d’emporter un marché globalisé, et<br /> d’exclure les PME.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La logique voudrait qu’en  démocratie, le clivage<br /> fondamental sépare le domaine public, qui concerne l’intérêt général, du domaine privé, relatif aux  intérêts privés. Mais voilà, sommes-nous encore<br /> aujourd’hui en France en démocratie ? Non. Sommes-nous en dictature ? Non plus. Alors, certains chercheurs avancent tout simplement l’hypothèse que nous nous dirigeons vers<br /> l’oligarchie, dont les seuls critères seraient : le Revenu, le Marché et le Capital. Donc, Gauche ou Droite, c’est blanc bonnet et bonnet blanc, merci Monsieur Duclos….<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Mais au fait, en arguant de l’inefficacité du secteur public, n’avons-nous pas déjà entendu<br /> cette chansonnette du côté des élus de Noisy-le-Grand ? Noisy Solidaire va surement se faire un plaisir, de nous rafraichir la mémoire.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> [1] L’oligarchie ça suffit, vive la démocratie.<br /> <br /> <br /> <br />
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E
<br /> <br /> Effectivement, on se souviendra de la belle façon dont une adjointe au maire a su expliquer les vertus du privé par rapport à la fonction publique municipale à propos de l'ouverture d'un jardin<br /> d'accueil...privé... de 30 places au Pavé Neuf.<br /> <br /> <br /> Nous en sommes encore émus !<br /> <br /> <br /> On a le droit de voir rouge<br /> <br /> <br /> <br />