Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pourquoi ?

Le blog de "NOISY SOLIDAIRE - A GAUCHE VRAIMENT !" se veut être, à la fois, un espace de contribution au débat politique dans la ville, le canton, la circonscription et, à la fois, la marque de l'expression autonome de ce regroupement unitaire.
Seront mis en ligne nos comptes rendus du Conseil Municipal, des articles et les prises de position des organisations et des citoyen-nes qui participent à l'activité de NOISY SOLIDAIRE - A GAUCHE VRAIMENT (Collectif Unitaire pour une Gauche Alternative - membre d'Ensemble -, Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti Communiste Français, Parti de Gauche, militants de la France Insoumise).
Pourront être mis en ligne toutes contributions utiles au débat démocratique et à l'action politique dans notre ville, sous la responsabilité de leurs auteurs, bien entendu, et sous réserve du respect évident des Personnes.
Les propos diffamatoires, ceux mettant en cause la vie privé de chacun(e) ou les insultes ne sont pas recevables.
C'est avec un réel plaisir que seront relayées toutes les informations utiles à la ville, le canton ou la circonscription, utiles à la démocratie participative et utiles pour la construction d'une alternative politique qui change concrètement la vie ! 

Bon Blog
Pour "NOISY SOLIDAIRE - A GAUCHE VRAIMENT !"

Etienne Doussain 

 

Recherche

Gardez le contact !

C'est avec un grand plaisir que nous vous accueillons sur le blog "On a le droit de voir rouge", le blog de "NOISY SOLIDAIRE - A GAUCHE VRAIMENT !" Si notre information vous convient, n'hésitez pas, afin d'être prévenu régulièrement de la parution de nouveaux articles :

à vous abonner

et à recommander ce lien à vos ami(e)s.

N'hésitez pas, enfin, à nous transmettre vos informations confirmées relatives à la vie démocratique de notre ville, celle de notre canton ... et plus largement si vous le souhaitez, pourvu que cet espace participe d'une politique alternative de gauche où chacun prend sa place, militants politiques, membres de partis ou non, syndicalistes, militants associatifs, citoyens !

Articles RÉCents

  • Bonnes fêtes quand même, à toutes et tous ...
    CONSEIL MUNICIPAL DU JEUDI 16 DÉCEMBRE 2021 Décor extérieur puis intérieur : Dès 18 h 30, sur le parvis de l’hôtel de ville, une centaine de personnes avec pancartes et une petite sono se rassemble et proteste contre le pass sanitaire, et pour plusieurs...
  • Faire cesser l'insupportable...
    COMMUNIQUÉ Nous venons de prendre connaissance de la lettre anonyme que Patrice Anato, député de notre circonscription, a reçu à l’Assemblée nationale. Cette lettre contient des insultes racistes et des menaces de mort. Nous sommes indignés et révoltés...
  • Mieux que les images, de la bonne lecture ...
    Conseil municipal du jeudi 18 novembre 2021 En guise d'introduction , on remerciera Mme le Maire de nous avoir informé qu'elle était malade, depuis au moins deux jours, suite à l'injection de la 3ème dose du vaccin ARN messager qu'elle avait reçue probablement....
  • La rage et l'humanité ...
    Billet de blog 25 nov. 2021 À l'indignation, monsieur Darmanin, a succédé la rage Au lendemain du drame qui a coûté la vie à 27 personnes dans la Manche, Michaël Neuman, directeur d'études au Centre de réflexion sur l'action et les savoir humanitaires...
  • Chasse aux sorcières noiséennes ...
    Il a fait son boulot, il est sanctionné ! Décidément, il ne fait pas bon avoir le souci de la qualité du travail et du Service Public à Noisy-le-Grand ! Malgré de nombreuses alertes, une lettre ouverte à Madame le Maire le 21 septembre, une manifestation...

Contact "Noisy Solidaire, à gauche vraiment !"

onaledroitdevoirrouge@orange.fr

30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 14:45
Un week end en musique avant la fête des Cerises aux Bas Heurts  le 13 juin prochain ?

C'est parti ...




L'Homme parle - La Crise
par Marxsdtf

Acheter le disque, c'est bien aussi !



Partager cet article
Repost0
30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 00:57
Chapeau bas pour Francis CABREL et sans commentaires après la vidéo de Placeauxdroit


Magyd dort dans la lumière Celle des phares et du périph' Une joue contre la terre Une main sur son canif Qu'un homme dorme sur le bitume Ça n'a pas l'air d'inquiéter Les cardinaux en costume Derri...


Partager cet article
Repost0
30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 00:10

Après avoir modifié les règles en introduisant une logique d'appel d'offre, mise en concurrence à la mode européenne oblige, il était facile d'évacuer des associations "témoins" à charge comme la Cimade, par exemple. Ce gouvernement l'a fait et c'est dans la droite ligne (sic) de la politique de refoulement qui se développe en Europe (voir la directive de la honte).

Il y a de quoi être inquiet ! Alors, nous relayons le message indispensable de Placeauxdroit.net

On a le droit de voir rouge


Bonjour,
 
La réforme de la présence associative dans les centres de rétention des étrangers entrera en vigueur le mardi 2 juin.

Si les étrangers sont victimes d'une réduction importante de leurs droits,
c'est aussi chaque citoyen qui perd aujourd'hui un droit de regard et d'information sur ces lieux d'humiliation.
 
Appel à mobilisation le 2 juin : voir la vidéo sur cetaitpiredemain.org

Merci de la faire circuler largement
 
Bien cordialement

Pour www.placeauxdroits.net

Partager cet article
Repost0
29 mai 2009 5 29 /05 /mai /2009 23:50

Partager cet article
Repost0
25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 22:56

A "on a le droit de voir rouge", on est parfois un peu sceptique quand une proposition comme celle-là émane d'une organisation dont on sait que les députés européens ont voté l'Acte Unique, etc... voire, encore dernièrement l'avatar de constitution européenne qu'est le traité de Lisbonne soutenu par le président Sarkozy et la droite au complet.

On pourrait même ajouter la directive de la "honte", surnommée ainsi par de nombreuses ONG françaises et européennes (hein, Harlem Désir, penses à en parler à Noisy le Grand quand tu passeras ...).

Cela étant dit, ne rechignons pas à l'effort et "chiche" !  On nous propose de signer pour inscrire les services publics dans la Constitution alors que ceux-ci en prennent plein la "gueule" depuis des années sous fond de déreglementation.

 

Alors, à la veille, d'une journée d'action unitaire, nous relayons et disons "je signe, tu signes, il signe, nous signons, ...la suite d'autres vont l'écrire !

 

Signons donc puisque c'est pour notre bien

 

Bonjour à tous,

Encore une pétition, mais celle-ci a une très grande importance et concerne tous les Français.

C'est une pétition pour L'INSCRIPTION DES SERVICES PUBLICS DANS LACONSTITUTION. Elle a été initiée par Michel Vauzelle, Président de la Région PACA, député à l'Assemblée Nationale et ancien Garde des Sceaux.

Si la pétition atteint 10 % du corps électoral, le gouvernement sera obligé de procéder à un référendum national (c'est stipulé dans les textes de la Constitution) : il faut pour cela 4, 4 millions de signatures. C'est énorme mais réalisable !

CLIQUEZ SUR LA LIGNE DU SITE CI-DESSOUS POUR EN SAVOIR PLUS, et VOUS JOINDRE À LA LISTE DES SIGNATURES, si vous le décidez ainsi :

http://www.referendum-servicespublics.com/charte.html

Merci de transférer et faire suivre ce mail à tous vos amis qui éventuellement apporteraient eux aussi leur soutien à cette cause en signant à leur tour.

Partager cet article
Repost0
24 mai 2009 7 24 /05 /mai /2009 19:50

La future loi Bachelot, dite Hôpital, Patient, Santé, Territoire (sic), inquiète; inquiète les professionnels de la Santé, partisans d'un service public de première qualité, à la pointe et, surtout également réparti sur le territoire national mais inquiète les patients actuels ou futurs que nous sommes à un moment de notre vie.

Depuis des années, nous assistons à la mise à mal systématique de l'hôpital public au profit annoncé des cliniques privés. Déjà la nouvelle tarificationdes actes réalisés impose une logique comptable qui ne résiste pas l'examen clinique, pour le coup, de l'hôpital, service public indispensable.

Ne nous trompons pas, le désert médical, ce n'est pas seulement en province. Chacun a sans doute fait l'expérience de l'hôpital qui fonctionne moins bien, des spécialistes dont les carnets de rendez vous débordent ou encore des dépassements d'honoraires insupportables pour le plus grand nombre.

Dans nos villes, c'est aussi les effets d'un numerus clausus qui fait chuter la démographie médicale dans des conditions qui pourraient s'avérer plus dangereuses à terme qu'il n'y parait.

La privatisation de la santé est inacceptable, comme est inacceptable une loi qui va encore fragiliser le service public.

C'est pourquoi nous publions cette lettre ouverte qui témoigne de ralliements de mauvais augure. Nous n'avions pas d'illusion sur certains grands mandarins qui disputent leur pouvoir à un futur directeur de leur hôpital.

Mais nous pensons néanmoins qu'il faut s'inquieter de cette mauvaise nouvelle du jour.

On a le droit de voir rouge

Lettre ouverte à la Fédération Hospitalière de France - FHF

 

Mesdames et Messieurs,


L'Assemblée Générale de la Coordination nationale, tenue à Creil le dimanche 17 mai, a débattu des prises de positions de quelques uns de vos responsables nationaux en faveur du projet Bachelot-Sarkozy (HPST) ; certains semblent même accepter de participer activement à sa mise en place
.

 

Nous qui agissons partout pour défendre et améliorer le service public de santé, nous sommes unanimement étonnés, et beaucoup scandalisés, par ce ralliement tardif à un texte qui limite la démocratie dans les milieux de la santé, qui accentue les dérives comptables et mercantiles, accentue les outils de regroupement sanitaire à marche forcée et qui renforce une ligne de conduite centraliste et autoritaire dont les principales victimes sont les hôpitaux publics et les usagers.


Comme nous, vous connaissez trop bien les dégâts de cette politique : réductions du nombre de sites, de services, de lits et d’emplois dans le service public, privatisation rampante financée sur fonds publics… et accentuation des déserts sanitaires au mépris de l'égalité d'accès à une santé de qualité, pour toutes et tous, partout sur notre territoire.


Nous ne sommes pas sûrs que ces prises de positions intempestives de quelques uns de vos responsables, reflètent réellement les idées de tous les membres de la FHF. Ceux qui étaient parmi nous à Creil ont en tout cas exprimé leur très profond mécontentement.


Nous espérons vous voir revenir publiquement à une position plus favorable à un service public renforcé, et à de vrais réseaux sanitaires, décidés et organisés démocratiquement, dans le respect de la complémentarité, de la subsidiarité et de la proximité, au mieux des intérêts des personnes et des territoires et de toutes les structures concernées : c'est à dire l'inverse des politiques sanitaires menées depuis au moins une quinzaine d'années, politiques que le projet Bachelot-Sarkozy va encore tristement accentuer.

 

Lure le 23 mai 2009


Cordiales salutations de la Coordination nationale

Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité

Fondée à Saint Affrique en 2004

Siège : 1 rue Jean Moulin 70200 LURE - Site : http://www.coordination-nationale.org -

Adresse : Postmaster@coordination-nationale.org
Partager cet article
Repost0
24 mai 2009 7 24 /05 /mai /2009 07:58

Pour en savoir plus, voir la liste des sites conseillés.
























et le lien en PDF :News-8-la-f-d-ration.pdf News-8-la-f-d-ration.pdf

Partager cet article
Repost0
23 mai 2009 6 23 /05 /mai /2009 18:23

Un petit coup de main pour une action qui en appelle d'autres ?

Alors, faites passer l'info après avoir consulté ce site d'origine noiséenne ...  Par ces temps de brocante mensuelle dans notre bonne ville, il n'y a pas de raison de ne pas démultiplier les efforts qui vont dans le sens ... du développement durable. Bonne chance à
PLANETE RECUP
,

"Je suis noiséenne et j'ai travaillé sur le blog des Bas Heurts. Je souhaite continuer mes activités sur le web. J'ai entre autre développé un service de proximité sur la récupération d'objets devenus inutiles. Il s'agit de PLANETE RECUP qui est encore tout jeune. Il est ouvert à tous les noiséens et à la France entière. Accepteriez vous de mettre le lien de PLANETE RECUP sur votre site pour l'aider à grandir ?

D'avance merci, Anne."

http://www.planete-recup.com

Partager cet article
Repost0
23 mai 2009 6 23 /05 /mai /2009 00:42
Cerises toujours au rendez vous pour celles et ceux que cela intéresse avec un sommaire qui donne envie d'en savoir plus, si affinités, bien entendu.


et le lien en PDF :cerises35-1-.pdf cerises35-1-.pdf
Partager cet article
Repost0
21 mai 2009 4 21 /05 /mai /2009 19:55
La semaine dernière, la remise d'un rapport au ministre de l'écologie avait attiré notre attention.

Le journal l'Humanité a eu la bonne idée de publier plusieurs contributions sur le thème du coût de la biodiversité. Pas de raison pour se priver d'une publication supplémentaire tant le débat nous apparaît important. C'est un peu long, certes. Mais comment passer à côté de reflexions croisées ?


l’Humanité des débats DU 16 MAI 2009

« Évaluer les services de la biodiversité »

Par Bernard Chevassus-au-Louis, biologiste, ancien directeur du Muséum d’histoire naturelle, coordinateur du rapport intitulé l’Approche économique de la biodiversité.

La nature a-t-elle un prix ?

Le groupe de travail que vous avez dirigé propose d’établir un référentiel économique afin d’évaluer monétairement les services rendus par la biodiversité. C’est un outil nouveau. Dans quelle mesure était-ce un outil nécessaire ?

Bernard Chevassus-au-Louis. Depuis le milieu du XIXe siècle, un certain nombre d’arguments ont été mobilisés pour défendre la nature. Esthétiques, philosophiques, culturels, éthiques… Il en existe déjà toute une batterie. Mais s’ils font mouche sur des espaces ou des espèces déjà remarqués par la société, ils s’avèrent insuffisants pour défendre cette part plus ordinaire de la nature que constituent les lombrics, les pissenlits ou encore les bactéries du sol. Jusqu’ici, non seulement cette nature-là n’avait pas de prix, mais elle avait une valeur négative. Lorsqu’il s’agissait de trancher entre une zone urbanisée, une terre agricole ou une prairie en friche pour faire passer une autoroute, on retenait systématiquement la troisième option. Or elle nous rend des services, cette nature. Autrement dit, si elle n’a pas de prix, sa perte aura un coût. Notre questionnement a donc été de savoir si des arguments économiques pouvaient aider à la défendre.

Comment avez-vous opéré ?

Bernard Chevassus-au-Louis. Pour comparer différents éléments de bien-être, il faut disposer d’une même unité de mesure. Par exemple, avant de décider de construire une autoroute, on met en balance ses avantages : gain de temps, confort, réduction des accidents de la route, avec ses impacts environnementaux : production de CO2 ou perte de biodiversité. Sans unité commune, difficile d’établir un bilan. En revanche, transformer ces éléments en euros ou en dollars permet d’y parvenir. C’est donc ce que nous avons fait.

Il n’était pas question d’évaluer chaque espèce une à une. La science écologique n’aurait pas pu s’en débrouiller. En outre, ce ne sont pas les entités qui comptent, mais ce qu’elles réalisent ensemble. Si, pour juger de la qualité d’un orchestre, vous écoutiez chaque instrument isolément, vous n’auriez aucune idée de la qualité de la symphonie. Nous avons donc considéré la biodiversité ordinaire comme une boîte noire et décidé d’évaluer non pas ce qu’il y a dedans, mais les services qui en sortent, aujourd’hui et en France. Cette évaluation n’est pas définitive. Elle évoluera en même temps que nos attentes vis-à-vis des écosystèmes.

Mettre un prix à la biodiversité introduit la possibilité de l’échanger, donc de la « marchandiser ». Quels garde-fous proposez-vous ?

Bernard Chevassus-au-Louis. Accepter de mettre une valeur signifie que l’on accepte de comparer. Mais accepter de comparer ne veut pas dire accepter de vendre. Une fois la décision prise de mordre sur un écosystème, la question reste posée de savoir comment traiter l’impact de cette décision sur la biodiversité.

Notre rapport préconise une compensation en nature plutôt qu’en argent. En effet, s’il n’est plus possible de continuer à diminuer notre capital écologique global, il faut remplacer celui que l’on perd et non l’échanger contre d’autres éléments de bien-être. Où ? La proximité immédiate de la zone défrichée n’est pas forcément le meilleur choix, d’autant que les aménageurs ne savent pas toujours s’y prendre. A contrario, créer un troc international visant à compenser un impact sur les Landes par un morceau de massif corallien en Australie n’est pas souhaitable. D’abord, nous ne saurions pas faire. Ensuite, contrairement au gaz carbonique, la biodiversité n’est pas globale. Si les sols s’épuisent à un endroit donné, les effets seront d’abord locaux. L’échelle régionale nous paraît donc raisonnable, quand bien même des échanges internationaux ne sont pas exclus, par exemple dans le cas des grands fleuves européens.

Entretien réalisé par Marie-Noëlle Bertrand

 « Tout ce qui est vivant ne peut être tarifé »

Par Dominique Bourg, philosophe, directeur de l’Institut de politiques territoriales et d’environnement humain, université de Lausanne.

La nature a-t-elle un prix ?

Quelle distinction faites-vous entre le prix et la valeur de la biodiversité ?

Dominique Bourg. Il faut réserver l’usage de la notion de prix à tout ce qui s’échange. La façon la plus pratique d’échanger consiste à fixer un prix. Par définition les marchandises peuvent s’échanger et se substituer par le biais d’une évaluation monétaire. Dans le cas de biens qui ne sont pas substituables ni échangeables, il faut parler de coût plutôt que de prix.

La vie d’un être humain a un coût : en termes de scolarité, de formation, de santé publique, etc., mais elle n’a pas de prix : toute vie est singulière, irremplaçable. La valeur enfin est une entité non seulement inéchangeable et insubstituable mais qui conditionne toutes les autres. Par exemple la stabilité climatique qui, dans l’histoire de lé, a rendu possibles l’éclosion et le développement des civilisations. On sait désormais que tout peut basculer : il suffit que la température moyenne du globe augmente d’un degré pour que l’Ouest américain retourne au désert ou que le monde méditerranéen sombre sous les cyclones. Avec trois degrés de réchauffement, l’Amazonie serait le nom d’une zone aride, au-delà la planète serait invivable. La stabilité climatique n’a donc pas de prix ni de coût : c’est la valeur limite qui conditionne toute construction sociale.

Une espèce végétale qui disparaît non plus n’a ni prix ni coût. Sa valeur est incommensurable…

Dominique Bourg. Une espèce vaut par sa singularité, sa disparition est irréversible et irremplaçable. Mais ce qui a encore plus de valeur c’est la diversité biologique qui donne au vivant sa faculté de résistance et d’adaptation. Il y a vingt ou trente ans, on se représentait la nature comme un simple décor de théâtre, aujourd’hui le concept de biodiversité nous fait comprendre que l’Homme appartient à un réseau d’interdépendance, sans lequel il ne peut vivre. Or cette diversité, qui est la condition de nos activités, disparaît désormais à un rythme phénoménal. Toutes dépendent des services écologiques que nous procure le vivant. Dans certains cas le progrès technique peut se substituer à un service défaillant, mais il y a des services qui ne seront jamais substituables. Il faut donc se demander si un service dégradé est substituable, mais surtout s’il y a intérêt à le laisser détruire au risque de compromettre l’existence de tous.

Mais pourquoi monétariser ce rapport à la biodiversité ? Ne risque-t-on pas ainsi de susciter une sorte de marché des droits à détruire, en perdant de vue la valeur ultime, inéchangeable qu’il s’agit de préserver ?

Dominique Bourg. La logique de compensation n’a de sens que dans des règles et des limites précises. Si on se contente de donner une compensation monétaire à chaque destruction, on ne fait pas obstacle à l’étiolement des conditions d’existence. La compensation suppose qu’on remplace le même par le même et que ce marché soit fermement encadré et limité dans son fonctionnement par l’État. Ce qu’on appelle le droit de polluer n’a de légitimité que s’il se substitue à une situation où la pollution est illimitée et n’est pas mesurée. Il ne suffit pas de fixer des quotas. Car le plus riche, le plus dépensier aura toujours la possibilité de racheter le quota du pauvre. De même, dans un monde qui dévore la biodiversité, la richesse n’est pas simplement un bien, c’est un bien associé à des maux, à des destructions de valeurs suprêmes qui conditionnent la vie de tous. Tout ce qui est vivant ne peut être tarifé. La monétarisation de la diversité biologique n’est donc souhaitable et admissible éthiquement que si elle s’accompagne de mesures d’interdiction des comportements les plus destructeurs. Une logique marchande qui porte sur des biens échangeables n’est pas en soi répréhensible, sous réserve qu’on ne l’étende pas à ce qui n’est pas échangeable.

Entretien réalisé par Lucien Degoy

« Dès lors que l’on compare, on peut échanger »

Par Franck-Dominique Vivien, économiste de l’environnement (*).

« La nature est une notion vague et pour ainsi dire attrape-tout. Je peux y inclure mon chat autant que des phénomènes non vivants (par exemple les interactions atmosphériques) ou que des écosystèmes sauvages. Le rapport sur l’approche économique de la biodiversité n’entend justement pas donner un prix à ce tout. Il s’intéresse à un objet naturel précis, à savoir les services environnementaux rendus par certains types d’écosystèmes. C’est un exercice singulier, qui n’a pas vocation à être étendu à toute problématique environnementale. Cela posé, le langage économique est à l’image des langues d’Ésope (1) : il peut être le meilleur et le pire. Le meilleur, dans la mesure où il permet de révéler un certain nombre d’enjeux de société et de pouvoir : combien ça coûte, qui paye, pour qui, pour quoi ? En ce sens, il est utile au débat public, à la démocratie et à la prise de décisions. Au reste, ce n’est pas parce que l’on met un prix sur une chose que l’on en fait une marchandise. Fixer un prix, c’est d’abord établir un coût. Cela nous permet par exemple de décider du montant des impôts, ce qui est bien du ressort des politiques publiques.

Mais ce langage peut également être le pire. Il est susceptible d’avantager les groupes d’intérêts les plus habiles à manipuler un référentiel monétaire. Or, dans notre société capitaliste, celui-ci est institué de façon à mettre en relief certains éléments et à en laisser d’autres dans l’ombre. En outre, évaluer n’est jamais neutre. Cela entraîne nécessairement la comparaison. Dès lors que l’on compare, on peut échanger. Ce n’est pas forcément terrible. Le propriétaire d’un bout de forêt ratiboisé par une autoroute sera d’autant mieux indemnisé que cette forêt et les services qu’elle rend auront été évalués. A contrario, on peut imaginer que les propriétaires de forêt demandent des subventions à hauteur des bienfaits que leur bien apporte à la société. Est-ce de la marchandisation ? Il n’y a ni mise aux enchères, ni marché de la forêt. En revanche, on peut considérer qu’il y a marchandage…

Par ailleurs, évaluer par l’argent n’est pas toujours légitime. Certaines choses peuvent revêtir une valeur monétaire, d’autres non. Jusqu’où peut-on autoriser l’outil économique et quelles limites établir ? Il n’existe pas de réponse unique. La valeur, même morale, que nous donnons à la nature n’est pas fixe dans l’espace et dans le temps. Il existe autant de rapports à la nature qu’il existe d’objets naturels, de société et d’époques. Certaines sociétés font peu de distinction entre ce qui relève de l’humain et du non-humain, où le guépard est considéré comme la figure de l’ancêtre… Qui est capable de mettre un prix sur sa grand-mère ? Autre exemple : demander à combien on estime la valeur du grizzly ne choque pas aux États-Unis. La même question soulève de l’incompréhension, si ce n’est de la réprobation en France. Mais reposez-la à propos de l’eau : elle ne choque plus, aujourd’hui, ça n’aurait pas été bien reçu il y a cinquante ans. Pour diverses raisons, notre société moderne a admis que l’eau peut être sous emprise économique. Enfin, il y a les limites techniques. Finalement, notre rapport direct à la nature passe encore peu par l’argent. Du coup, quand il s’agit de le chiffrer, il arrive que l’on ne sache pas faire autrement que de considérer ce rapport comme un marché. Afin d’estimer la valeur d’un site naturel remarquable, on va chercher à savoir combien les gens sont prêts à dépenser pour le voir : transport, séjour, droit d’entrée… Faute d’outils, nous en faisons un rapport de consommation banal. Et l’on pénètre, de fait, dans la sphère marchande. »

(*) Auteur du Développement soutenable, La Découverte, 2005.

(1) Écrivain grec à qui l’on attribue la paternité des premières fables.

Propos recueillis par Marie-Noelle Bertrand.

« C’est une révolution culturelle »

Par Gilles Benest, biologiste et responsable du réseau France Nature Environnement (*)

La nature a-t-elle un prix ?

« Mettre un prix sur un objet naturel peut-il nuire à sa valeur intrinsèque ? La même question peut se poser pour l’art. Mettre un prix sur une statue nuit-il à sa valeur artistique ? Tous les économistes disent non. Ce sont deux choses différentes qui n’ont pas de lien entre elles. Cela n’empêche pas que l’une influe sur l’autre. Une oeuvre mise sur le marché permet à son auteur de vivre. Elle peut aussi être volée ou terminer dans le bureau d’un collectionneur. D’une manière ou d’une autre, il s’agit de l’appropriation d’un bien qui devrait être public.

Les risques, pour la nature, ne sont pas similaires. On ne peut pas la cacher dans un coffre. En revanche, on peut la dégrader, en y construisant une route, une maison ou en la transformant à des fins de production. Elle peut être échangée contre un autre bien : une infrastructure, une production. Toute la question est de savoir quand il est légitime de faire, comment et à quelle hauteur compenser les pertes. Si l’on dégrade un hectare à tel endroit pour faire passer une autoroute, combien d’hectares faudra-t-il créer par ailleurs ? Quelle sera la valeur de cet hectare détruit selon qu’il abritait des espèces ordinaires ou des espèces patrimoniales ? Toute la question est là.

Car il y a une réalité : l’homme ne plane pas au-dessus de la nature. Il y exerce une pression et il faut l’accepter. L’outil économique proposé par le groupe de travail dirigé par Bernard Chevassus-au-Louis doit nous permettre de prendre en compte cette pression. Concernant l’énergie, nous disposons d’un étalon de mesure identique pour chacune des sources : le watt. Nous n’en avons pas quand il s’agit de comparer une autoroute à une prairie. L’étalon monétaire va servir d’étalon commun. C’est une révolution culturelle, dont je suis convaincu qu’elle sera efficace pour établir des mesures compensatoires. Mais ce n’est qu’un premier pas. Le rapport fixe des référentiels pour un certain nombre d’écosystèmes. Il présente des méthodes de calcul qui peuvent être reprises, développées et complétées. Nous n’en sommes qu’aux prémices, y compris sur la façon de définir la biodiversité. Finalement, c’est une notion assez virtuelle. On peut dire qu’elle est l’ensemble des animaux et des plantes. Mais comment la définir à l’échelle d’une surface de 30 m² vouée à être remplacée par une autoroute ? Ce n’est pas évident.

Le rapport est très clair là-dessus et c’est, entre autres, ce qui en fait l’un des plus intéressants du moment sur le sujet : la seule chose que l’on soit à peu près capable d’évaluer monétairement, ce sont les services rendus par la nature à la société. Or une part de la nature ne rend des services qu’à elle-même. Dans une perspective de bouleversements climatiques, donc d’évolution de la biodiversité, il convient de pas la négliger. L’outil économique est donc intéressant. À condition qu’il ne soit pas détourné de sa vocation. Notre époque a tendance à croire que tout mettre sur le marché peut être efficace. Il est évident que c’est faux. Il y a trois ans, nous avons créé des quotas de CO2 en pensant que cela servirait à réduire les émissions de gaz. Aujourd’hui, on le constate : les plus riches achètent leurs quotas de CO2, autrement dit le droit de continuer à polluer. C’est un risque réel dont il convient de se prémunir. J’en reviens aux oeuvres d’art. On me dit que même celle à qui l’on accorde la plus grande valeur patrimoniale peut être achetée une fois mise sur le marché. Même la Joconde. Sauf que personne ne prendra le risque de mettre la Joconde sur le marché. Ne prenons pas le risque de mettre notre nature patrimoniale sur le marché, qu’elle s’appelle parc naturel de la Vanoise, ours, ou encore le Mont-Blanc. »

(*) Membre du groupe de travail chargé de rédiger le rapport sur l’approche économique de la biodiversité.

Propos recueillis par Marie-Noelle Bertrand 

Partager cet article
Repost0