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Pourquoi ?

Le blog de "NOISY SOLIDAIRE - A GAUCHE VRAIMENT !" se veut être, à la fois, un espace de contribution au débat politique dans la ville, le canton, la circonscription et, à la fois, la marque de l'expression autonome de ce regroupement unitaire.
Seront mis en ligne nos comptes rendus du Conseil Municipal, des articles et les prises de position des organisations et des citoyen-nes qui participent à l'activité de NOISY SOLIDAIRE - A GAUCHE VRAIMENT (Collectif Unitaire pour une Gauche Alternative - membre d'Ensemble -, Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti Communiste Français, Parti de Gauche, militants de la France Insoumise).
Pourront être mis en ligne toutes contributions utiles au débat démocratique et à l'action politique dans notre ville, sous la responsabilité de leurs auteurs, bien entendu, et sous réserve du respect évident des Personnes.
Les propos diffamatoires, ceux mettant en cause la vie privé de chacun(e) ou les insultes ne sont pas recevables.
C'est avec un réel plaisir que seront relayées toutes les informations utiles à la ville, le canton ou la circonscription, utiles à la démocratie participative et utiles pour la construction d'une alternative politique qui change concrètement la vie ! 

Bon Blog
Pour "NOISY SOLIDAIRE - A GAUCHE VRAIMENT !"

Etienne Doussain 

 

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Contact "Noisy Solidaire, à gauche vraiment !"

onaledroitdevoirrouge@orange.fr

4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 18:47

Hier soir, le PLU était à l'ordre du jour du conseil municipale. Fallait bien tirer le bilan de la "concertation" et que le projet soit arrêté par la majorité municipale.

C'est fait ! Sans états d'âme et avec la suffisance qu'il faut dans de telles circonstances...

Nous avons même eu droit à une gratification, celle de notre "malhonnêteté intellectuelle", propos aimable du premier magistrat qui n'aime décidément pas que l'on lui rappelle qu'il a été moins bien élu qu'en 1995.

D'ailleurs, il a raison sur un point. Si, lui a été mal élu, que dire de nous, partie prenante de l'opposition qui représentons toutefois 55% des électeurs qui se sont exprimés ?

Mais de là à estimer que le constat des 50% d'abstentions lors du scrutin des municipales fragilise la légitimité électorale des uns et autres relève de la "malhonnêteté intellectuelle", il n'y avait qu'un pas que notre édile préféré n'a pas hésité à franchir.

C'est vrai que cela fait mal ... d'être mal élu quand on rêve de l'urbanisme de la ville de Noisy le Grand depuis ...30 ans - scoop de la soirée, de la bouche du maire, himself !

On comprend que cela agace mais c'est ainsi et il faudra faire avec...

On vous passera la petite manoeuvre finale de la question diverse à propos de l'hôpital privé de Marne la Vallée. Non pas que cela ne nous intéresse pas. Bien au contraire ! Nous avons même des souvenirs assez précis sur le sujet quand il a fallu défendre la clinique de la Croix aux Biches en liquidation puis reprise par les Pères Camilliens...

La dite question diverse s'adressait au député (?) et émanait d'un éminent membre de la majorité municipale socialiste et concernait un absent ce soir là, par ailleurs candidat aux cantonales au titre de l'UMP.

Le député est questionné lors d'un conseil municipal ? Il est donc logique que la réponse vienne du maire ... qui est responsable des débats du dit conseil ...

Nous ne dirons pas que la question n'était pas bonne. Nous constatons qu'elle intervient dans un contexte de campagne électorale et que nous aurions bien aimé que le grave sujet de la santé dans notre bassin de vie donne lieu à un débat du conseil municipal ... il y a dix ans puis les années suivantes.

Crier au loup alors que l'histoire de la clinique de la Croix aux Biches témoigne que la ville n'est pas intervenue à la mesure de l'urgence de sa disparition, de notre point de vue, c'est une peu "l'hôpital qui se moque de la charité" comme dit le proverbe.

Mais vaut mieux tard que jamais. Peut-être aurons-nous un véritable débat sur l'état de la carte sanitaire de l'Est parisien, un jour ? Cela nous changerait des ZAC et des préemptions !

Quoiqu'il en soit, le sujet principal et unique de ce conseil municipal, c'était le PLU. Donc, nous vous livrons notre prose pour être certain que vous n'en ayez pas une version expurgée ainsi que le rappelait à juste titre dans sa propre intervention, Mme MARTINS.

 

Et voilà le travail ... des conseillers municipaux de "Noisy Solidaire, A gauche vraiment !" qui, ne le cachons pas, en a agacé plus d'un...

 

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3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 16:16

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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 10:15

On sait le sujet sensible. Normal puisque cela a à voir avec la démocratie.

C'est pourquoi, nous invitons les aficionados de l'enquête publique (et nous en sommes !) à suivre avec attention l'évolution de ce projet.

Non pas que nous ne fassions pas confiance (quoique...), mais simplement pour être certain, qu'au passage, sous prétexte de simplification, des restrictions ne puissent pas être apportées. Ce n'est déjà pas toujours terrible en matière d'enquête publique mais si, en plus, se glissaient, ici ou là, quelques astuces, nous n'en serions pas étonnés. Comme, par exemple, "Il prévoit [le projet]également une implication accrue de la personne responsable du projet, en lui permettant de produire ses éventuelles observations au vu des observations recueillies au cours de l'enquête dans un délai de quinze jours à l'issue de l'enquête (R.123-18)." 

Ce genre de phrase sibylline demande à être éclairée. S'agirait-il en la circonstance d'un moyen de pression supplémentaire accordé au promoteur du projet pour être certain de bien se faire comprendre et de balayer d'éventuelles obstructions avant la conclusion de l'enquête ? Cela était déjà possible. Faut-il que cela soit accru ?

 

A suivre, donc ...


 

Réforme de l'enquête publique : le projet de décret soumis à consultation

Publié le vendredi 18 février 2011

Le contenu du décret visant à mettre en œuvre la réforme de l'enquête publique relative aux opérations susceptibles d'affecter l'environnement, engagée dans le cadre des lois Grenelle 1 et 2, est enfin dévoilé. Le ministère de l'Ecologie a ouvert, jusqu'au 18 mars prochain, une consultation publique sur cet important projet de décret.  

Le ministère de l'Ecologie vient de soumettre à consultation publique le projet de décret portant réforme de l'enquête publique relative aux opérations susceptibles d'affecter l'environnement, pris en application de la loi du 12 juillet 2010 portant engagement national pour l'environnement, dite Grenelle 2....

 

la suite sur : localtis.info

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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 21:10

Le 10 du mois, conviés à l'habituelle réunion mensuelle du conseil municipal, la formidable équipe de "Noisy Solidaire, à gauche vraiment !" n'était pas au complet. Par contre, comme à chaque fois, le conseil avait été préparé soigneusement par les représentants des formations politiques qui ont porté cette liste.

D'autant que l'ordre du jour comportait un point important, celui des orientations budgétaires 2011. Et sur cette question, comme sur d'autres d'ailleurs, "Noisy Solidaire, à gauche vraiment !" s'est exprimé.

Avec un peu de retard, voici le texte de notre contribution tel qu'il a été lu lors du conseil :

Débat Orientations budgétaires 10-02-11 Page 1

  Débat Orientations budgétaires 10-02-11 Page 2

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19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 21:41

Avant le congrès du NPA, nous avions mis en ligne une réflexion de Clémentine AUTAIN à ce sujet, publiée dans Cerises.

Il est donc bien naturel que d'autres avis s'expriment. D'ailleurs,... à notre avis..., il serait dommage de croire que le NPA est à l'agonie. Disons que dans ce moment difficile d'articulation entre mouvements sociaux et construction politique alternative, malgré un rejet massif de la politique de l'équipe Sarkoziste, il est urgent de parvenir à dépasser ce qui peut encore bloquer un projet politique commun et populaire qui, bien évidemment, ne passe pas que par les urnes.

 

On a le droit de voir rouge 

 

Non, le NPA n'est pas mort !
18 Février 2011 Par Philippe Corcuff

Par Philippe Corcuff (sociologue), Sandra Demarcq (membre du Conseil Politique National du NPA) et Willy Pelletier (sociologue).

Le « microcosme » bruisse d'une folle rumeur : le Nouveau Parti Anticapitaliste serait mort...alors qu'il réunissait seulement son premier congrès (11-13 février 2011, Montreuil). Certains murmurent : « enfin ! ». De jeunes gens pressés, éblouis par les caméras, confondent, dans leur enthousiasme neuf pour le Front de Gauche, ouverture politique et promesses de postes. 

Certes, le NPA n'a pas tout à fait répondu aux ambitions de son congrès fondateur de février 2009. De nombreux adhérents sont partis, mais 6000 sont encore là (nettement plus que le Parti de Gauche). La très grande majorité des partants n'a d'ailleurs pas manifesté par là son désaccord avec une stratégie électorale. Plus prosaïquement, trouver sa place dans une organisation politique n'est pas si simple. Ce qui interroge les modalités prises par la forme « parti », les contraintes du militantisme, ce en quoi il peut être utile pour nourrir la dignité des opprimés et améliorer leur condition. Le NPA est un lieu contradictoire, avec des faiblesses et des atouts. De multiples débats le traversent, le déstabilisent, l'enrichissent, à l'image de nos vies ordinaires. Bref, c'est un lieu vivant, bien vivant !  

Il faut être asservi au culte de l'immédiat pour diagnostiquer la fin irrémédiable d'un parti qui n'a que deux ans d'âge. Sur le marché politico-médiatique, les produits semblent se périmer aussi vite qu'ils naissent. Contre cette absorption dans l'immédiateté, le regretté Daniel Bensaïd appelait à trouver un « point de suture entre passé et futur » (dans Une radicalité joyeusement mélancolique, Textuel, 2010), en puisant dans la mémoire critique comme dans les ouvertures inédites de l'à venir. Pas pour fuir le présent, dans la nostalgie ou le rêve, mais pour s'y confronter : « le présent, et lui seul, commande le faisceau des "peut-être" », ajoutait-il.

De ce point de vue, l'inédit historique ne se confond pas avec la mode, comme nous le montrent encore une fois les processus révolutionnaires en Tunisie et en Egypte. Nous avancerons alors plus prudemment que le NPA est encore à naître. Car le NPA n'est pas un parti « clé en main » : c'est un processus en cours. Une aventure originale a été lancée : celle de l'émergence d'un paradoxal parti libertaire, qui combine et met en tension les nécessités de l'organisation et celles de la non-professionnalisation politique. 

Une telle initiative questionne les évidences de la politique officielle : une politique anticapitaliste et non-professionnelle est-elle possible ? Pour qui rêve d'être ministre, député ou conseiller général, certes non ! La carrière politique et le capitalisme sont des conditions de leur activité, aussi invisibles et nécessaires que l'air qu'ils respirent. Pour qui croit que la politique est, avant tout, affaire d'engagement citoyen et d'activité populaire, oui ! Après les déconvenues du XXe siècle du point de vue des logiques de monopolisation des pouvoirs, des formes soft de la représentation politique professionnalisée aux barbaries bureaucratiques, comment envisager une autre politique qui ne s'adosserait pas à un autre rapport à la politique ? 

Car même nos démocraties représentatives, réglées par la concurrence entre professionnels de la politique, sont bien peu démocratiques. Le TCE fut ratifié à Versailles et la loi sur les retraites votée contre la mobilisation de millions de citoyens. La gauche de l'avenir ne peut reproduire ces formes politiques traditionnelles. Il faut inventer une manière radicalement différente de pratiquer la politique à l'école des mouvements sociaux. 

C'est dans cette perspective que le NPA, avec des erreurs, des tâtonnements et des doutes, a commencé à ouvrir un chemin. Olivier Besancenot a su incarner cette timide possibilité d'une gauche de la rue qui ne déserte pas pour autant le terrain des élections. Mais en faisant de l'auto-organisation populaire le roc, et non la passive délégation aux divers hommes providentiels dont les médias abusent et qu'ils usent tout aussi rapidement. Pour que « la politique autrement » ne soit pas seulement un slogan marketing de plus pour des aspirants à la carrière politique en mal de « créneaux porteurs ». 

Faire de la politique en refusant les codes étriqués de la politique instituée : il y a peu d'endroits où une telle expérience fut tentée. C'est pourquoi, malgré le flot des bavardages funéraires, le NPA n'a pas dit son dernier mot.

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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 11:33

On ne change pas des équipes qui gagnent !

 

 

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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 12:45

Sans commentaire !

 

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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 16:52

 

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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 17:12

C'est dorénavant presque un rituel, hélas, un triste rituel. Le rapport annuel de la fondation Abbé Pierre vient d'être publié. Nous le mettons donc en ligne en format PDF pour celles et ceux, et ils sont nombreux dans notre ville, qui suivent l'actualité du logement en France.

Après l'autosatisfaction de Benoit APPARU, secrétaire d'Etat au Logement, relayée amplement par les journaux télévisés à propos de la production de logements sociaux en 2010, après l'habituel discours du maire de Noisy, la majorité municipale acquiesçant, sur les vertus du futur PLU, on apprendra par quelques morceaux choisis que "l'aide à la pierre" nécessaire pour la construction de logements sociaux ne cesse de diminuer (sans parler de la loi Dalo et des PLAI), que la France de propriétaire a du plomb dans l'aile ou que le fameux parcours résidentiel  devient une gageure, y compris pour les familles que l'on dit de la couche moyenne...

Bref, à trop vouloir démontrer, il arrive que l'on se prenne les pieds dans le tapis, la réalité ne correspondant pas toujours à celle que l'on appelle de ses voeux.

 

Le rapport ? Il faut cliquez là Rapport fondation abbe pierre 2011 Rapport fondation abbe pierre 2011

 

Extraits ou morceaux choisis :

 

Alors que face à l’élargissement de la crise du logement, on attendrait de l’État qu’il soutienne la production de logements à loyers abordables, c’est l’avenir même de l’habitat social qu’il met aujourd’hui en question. Les besoins en construction de logements sociaux sont considérables (on chiffre à environ 1,2 million le nombre de demandeurs et seulement un peu plus de un sur trois accède à un logement Hlm chaque année), et pourtant l’État se dérobe. La subvention qu’il apporte à leur financement est passée, en quelques années, de 7 000 ou 8 000 par logement à moins de 1 000 aujourd’hui pour un logement social de base (Information à considérer au début de l’année 2011, à l’heure où ce rapport est bouclé. Subvention de 800 prévue en 2011 pour un logement social financé en PLUS) . Cette baisse de la contribution de l’État est d’autant plus alarmante qu’elle s’accompagne d’un affaiblissement des mécanismes de solidarité et d’une fragilisation des acteurs qui la mettent en œuvre. Dans le cadre du budget 2011, l’État a prévu une diminution considérable de sa contribution au financement du logement social et pour compenser (masquer) son retrait, il prévoit de ponctionner les ressources des bailleurs sociaux. Le montant initialement fixé à 340 millions d’euros (sur les loyers qu’ils perçoivent), a été ramené à 150 millions au Sénat, avant de repasser à 245 millions d’euros. Un tel prélèvement privera les organismes Hlm d’autant de ressources pour l’amélioration de leur parc ou la construction de nouveaux logements sociaux.

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Au-delà des effets économiques désastreux d’une telle mesure (l’Union sociale pour l’Habitat chiffre à 15 000 la réduction de la construction locative sociale), c’est la solidarité qui est mise à mal puisque ce sont les bailleurs sociaux sur leurs fonds propres — et à travers eux les locataires aux revenus modestes — qui financeront la construction de logements pour d’autres aussi modestes qu’eux. La Fondation Abbé Pierre ne peut accepter cette conception rétrécie de la solidarité. Elle ne peut accepter que nous passions ainsi « d’une solidarité nationale à une solidarité entre pauvres et modestes ». Cette conception traduit une profonde injustice quand, en même temps que le Gouvernement effectue cette ponction sur les ressources des bailleurs sociaux, il continue à favoriser l’investissement locatif privé dans des proportions outrancières. C’est ainsi que l’aide  fiscale accordée à l’investisseur privé représente, par logement, au moins deux fois celle qu’il attribue au logement social. Une autre  manifestation de cette injustice apparaît à travers le nouveau prêt à taux zéro (PTZ+) qui concerne désormais aussi les ménages les plus aisés (les 20 % les plus riches). Plus de la moitié des prêts accordés en 2011 devrait ainsi leur être attribuée, alors qu’ils ne pouvaient accéder à un tel prêt jusqu’alors. Il semble bien loin le temps où le PTZ était présenté comme un soutien au développement de l’accession sociale à la propriété.

 

******

De fait, les responsables politiques accordent depuis 2007 une place centrale au développement de la propriété. Cet objectif est légitimé par le fait qu’il répond à une aspiration largement partagée dans toutes les couches de la société… même si ce statut apparaît de moins en moins ouvert aux ménages modestes et s’il n’apporte pas toujours la sécurité que lui accordent les responsables politiques. En regard de la place donnée à l’accession à la propriété, celle dédiée au logement social apparaît limitée (même si la production a augmenté au cours de ces deux dernières années sous l’effet du Plan de cohésion sociale lancé en 2005) et la vocation que tentent de lui assigner les responsables politiques tend à devenir progressivement résiduelle (loger les pauvres) et s’éloigne de sa vocation généraliste (loger les personnes modestes et défavorisées selon les termes de la loi de Lutte contre les exclusions de 1998 et participer au développement de la mixité sociale). Le choix qui a été fait de contribuer au soutien du marché immobilier, quitte à en exacerber les travers, conduit à une extrême segmentation de l’offre qui rend problématiques les possibilités d’amélioration de la situation résidentielle des ménages les plus modestes. Jamais sans doute, les trajectoires résidentielles ne se sont autant différenciées en fonction du niveau de revenu des ménages. L’examen de l’accès à la propriété en témoigne fortement : les plus riches tendant à devenir de plus en plus propriétaires de leur logement, alors que les ménages les plus modestes le deviennent de moins en moins souvent. 

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En privilégiant la production immobilière la plus chère sur tous les segments de la construction (accession à la propriété avec le nouveau PTZ+, locatif privé avec le soutien à l’investissement locatif, et même le logement social avec la place accordée au PLS qui représente environ le tiers de la construction Hlm) et en renonçant à réguler le marché (refus d’encadrement des loyers de relocation dans le secteur privé par exemple), les responsables de la politique du logement se réfèrent en fait à une représentation spécifique de la segmentation du marché immobilier et des parcours résidentiels des ménages. Cette représentation s’appuie sur ce que l’on appelle dans le domaine du logement, « l’effet de chaîne » (en produisant pour les ménages les plus aisés, on contribuerait à la libération de logements existants moins chers qui pourraient être occupés par des ménages moins fortunés et, ainsi, de proche en proche, tous trouveraient à se loger). Cette représentation est fondée sur la perspective d’une promotion résidentielle possible, notamment pour ceux qui font l’effort de s’endetter de plus en plus lourdement pour devenir propriétaires. Si un tel effet de chaîne a pu fonctionner, en particulier au cours des Trente Glorieuses, pendant lesquelles l’amélioration de la situation économique des ménages s’accompagnait d’une politique du logement volontariste, il n’en est plus de même aujourd’hui alors que les mécanismes de promotion sociale sont enrayés, que la précarité gagne du terrain, que le travail ne protège plus de la pauvreté. Si l’effet de chaîne est bloqué, c’est notamment parce que les maillons se sont détachés les uns des autres, ou pour le dire autrement : la marche à franchir entre deux segments de l’offre est devenue trop haute pour certains (le loyer au m² des logements locatifs privés est en moyenne deux fois plus élevé que les loyers du secteur Hlm et l’écart est encore plus significatif dans les grandes villes) et plus généralement parce que les différentes composantes du marché immobilier sont aujourd’hui déconnectées.

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Devenir propriétaire :

 

Les conditions de crédit (taux historiquement bas) et les mesures de soutien à l’accession à la propriété adoptées par le Gouvernement (crédit d’impôt, prêt à taux zéro, allègement de TVA, Pass foncier) auraient dû constituer ces dernières années (avant que n’apparaisse la crise économique à la fin de l’année 2008) un contexte favorable au développement de l’accession à la propriété des ménages aux ressources modestes. Pour autant, les résultats ne sont pas au rendez-vous puisque ces ménages modestes ont eu de plus en  plus de difficultés à devenir propriétaires. Ils représentaient 45 % des acquéreurs de résidences principales en 2003, à peine plus de 30 % cinq ans plus tard. Plus que d’autres, ces ménages ont vu leur durée d’endettement augmenter (un an de plus chaque année) tout comme leur taux d’effort (un point de plus chaque année et désormais très souvent plus de 30 %). D’autres données émanant du Credoc soulignent également le développement hétérogène de la propriété : les ménages les plus pauvres sont en effet de moins en moins souvent propriétaires de leur logement (37 % des 20 % des ménages les plus modestes sont aujourd’hui propriétaires de leur logement alors qu’ils étaient 47 % en 1988), alors que les plus aisés le sont de plus en plus (65 % des 20 % des revenus les plus élevés étaient propriétaires de leur logement en 1988, ils sont 76 % aujourd’hui).

Plus généralement, on constate que la proportion d’accédants à la propriété a baissé pour les ménages relevant des six premiers déciles et qu’elle n’augmente que pour les quatre derniers ; l’accession à la propriété est donc de moins en moins ouverte aux ménages modestes et même à ceux qui relèvent des couches moyennes. Toutes les sources statistiques dressent ainsi un constat sans appel : la part des ménages modestes parmi les accédants récents n’a cessé de décroître au cours des quinze dernières années. Et au cours des vingt dernières années, le taux de propriétaires a progressé seulement parmi les ménages à hauts revenus. En 2006, les ménages les plus pauvres représentaient environ un propriétaire occupant sur 6, mais seulement

un accédant récent sur 16 (soit 4 fois moins que dans l’ensemble de la population). Cette tendance est toutefois relativement masquée par le poids de la primo accession dans les acquisitions de logements à des fins d’occupation personnelle qui concerne une population relativement jeune (35 ans en moyenne) relevant des catégories modestes ou intermédiaires. La primo-accession concerne en effet essentiellement des couples avec enfants disposant de deux salaires neuf fois sur dix, la primo-accession rime avec la duo-accession») alors que les personnes seules et les familles monoparentales, qui représentent aujourd’hui 44 % des ménages français concernent seulement

21 % des récents accédants à la propriété. Répartie inégalement selon les catégories sociales, la propriété l’est également selon les âges de la vie. Si seulement 44 % des 30-39 ans sont propriétaires de leur logement, ce taux croît ensuite régulièrement avec l’âge. À partir de 45 ans, le taux de propriétaires occupants dépasse en effet les 60 %. Il croît pour atteindre 75 % pour la tranche d’âge 65-69 ans avant de diminuer régulièrement à partir de 70 ans. Si l’on est toujours d’autant plus propriétaire que l’on est âgé, il apparaît plus difficile d’y accéder pour les jeunes générations aujourd’hui qu’hier. L’examen des Comptes du Logement montre que les générations nées à partir des années 1960 doivent supporter des coûts associés au logement plus importants que les générations précédentes, qui réduisent d’autant leurs perspectives d’accès à la propriété. Telle n’était pas la situation des générations de ménages nées dans les années 1940 qui ont massivement accédé à la propriété au tournant des années 1980, soit à un moment favorable marqué par des taux d’intérêt réels négatifs16, des gains de pouvoir d’achat importants, et une forte inflation érodant rapidement la charge de remboursement des emprunts. Le développement de l’accession à la propriété supposait donc une inversion de cette tendance et l’adoption de mesures adéquates. Notamment en direction des jeunes ménages, qui sont incités à accéder tôt pour tenir compte de l’allongement de la durée de l’endettement, mais sont en difficulté pour le faire, tant du fait de loyers de marché élevés peu favorables à la constitution d’une épargne préalable, que de la précarité et de la faiblesse de leurs ressources. L’accès à la propriété n’est donc pas seulement une question de choix (effectué notamment par les familles avec enfants de la tranche d’âge 30-45 ans) mais aussi une affaire d’offre qui suppose l’existence de produits abordables et de conditions de financement adaptées aux ménages à revenus modestes. Reste que l’on peut se demander si l’encouragement fait aux jeunes ménages d’accéder à la propriété est une bonne chose. Si un objectif élevé de diffusion de la propriété peut revêtir un sens pour les personnes qui parviennent à l’âge de la retraite (mais elles le sont déjà massivement), il en présente moins, comme le souligne le Conseil d’État, pour des jeunes ménages qui démarrent dans la vie. La propriété les rend en effet immobiles au regard du marché de l’emploi et elle apparaît peu cohérente avec les évolutions sociétales. Le soutien au développement de la propriété dans les classes d’âge les plus jeunes sous-estime en effet « l’impact croissant des séparations dans la vie du couple et des ruptures qui en découlent dans les trajectoires résidentielles, spécialement pour les accédants. Promouvoir l’accession dans une société où près d’un couple nouvellement formé sur deux se sépare après quelques années de vie commune ne peut qu’aggraver les problèmes de surendettement, de sous-occupation des logements, de pauvreté en raison des taux d’effort déraisonnables demandés aux familles monoparentales… ».



 

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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 19:07

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