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Le blog de "NOISY SOLIDAIRE - A GAUCHE VRAIMENT !" se veut être, à la fois, un espace de contribution au débat politique dans la ville, le canton, la circonscription et, à la fois, la marque de l'expression autonome de ce regroupement unitaire.
Seront mis en ligne nos comptes rendus du Conseil Municipal, des articles et les prises de position des organisations et des citoyen-nes qui participent à l'activité de NOISY SOLIDAIRE - A GAUCHE VRAIMENT (Collectif Unitaire pour une Gauche Alternative - membre d'Ensemble -, Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti Communiste Français, Parti de Gauche, militants de la France Insoumise).
Pourront être mis en ligne toutes contributions utiles au débat démocratique et à l'action politique dans notre ville, sous la responsabilité de leurs auteurs, bien entendu, et sous réserve du respect évident des Personnes.
Les propos diffamatoires, ceux mettant en cause la vie privé de chacun(e) ou les insultes ne sont pas recevables.
C'est avec un réel plaisir que seront relayées toutes les informations utiles à la ville, le canton ou la circonscription, utiles à la démocratie participative et utiles pour la construction d'une alternative politique qui change concrètement la vie ! 

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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 09:39

Nous aurons donc des conseillers territoriaux... Comment évolueront les compétences qui vont inévitablement se croiser à terme, appelant "une simplification" ? Comment évoluera la décentralisation des années 85 qui avait pour but (aussi) de rapprocher le citoyen des lieux de décision le concernant ? Cela étant dit, le Partenariat Public Privé en vigueur en Seine-Saint-Denis dorénavant ne devrait pas en subir les conséquences, le service public, lui, si !


Le Conseil constitutionnel valide l'essentiel de la réforme des collectivités

Décentralisation Publié le jeudi 9 décembre 2010 (localtis.info)


Le Conseil constitutionnel a validé ce jeudi 9 décembre l'essentiel de la réforme des collectivités, rejetant uniquement le tableau de répartition des conseillers territoriaux. 

Alors que les parlementaires PS à l'origine du recours contestaient le principe même du conseiller territorial créé par le projet de réforme des collectivités, le Conseil constitutionnel a jugé ce 9 décembre que le nouvel élu ne portait atteinte "ni à la libre administration des collectivités territoriales ni à la liberté du vote".

Le mode de scrutin uninominal majoritaire à deux tours retenu pour l'élection du conseiller territorial est également validé par les sages, qui le jugent "pas davantage contraire à la Constitution".
En revanche, le Conseil constitutionnel a invalidé le tableau répartissant sur tout le territoire ces conseillers qui seront élus en 2014. Il a en effet constaté que "six départements présentaient des écarts de plus de 20 % à la moyenne régionale quant à leur nombre de conseillers territoriaux rapportés à la population du département" : la Meuse, le Cantal, l'Aude, la Haute-Garonne, la Mayenne et la Savoie. Or "aucun impératif d'intérêt général ne venait justifier ces écarts très importants de représentation", note le Conseil constitutionnel. "Par conséquent, appliquant sa jurisprudence constante, le Conseil a jugé que la fixation du nombre de conseillers territoriaux dans ces départements méconnaissait le principe d'égalité devant le suffrage", poursuit-il, censurant ainsi l'article 6 du projet de loi et le tableau qui y est annexé.

La réforme prévoit en outre que certains départements parmi les plus sous-peuplés se verront attribuer d'office quinze conseillers : le Conseil constitutionnel a validé ce point.
Le Conseil constitutionnel a jugé les autres dispositions attaquées de la loi conformes à la Constitution, notamment la création des métropoles, ainsi que la suppression de la clause de compétence générale des départements et des régions, soulignant qu'il "n'existe pas de principe fondamental reconnu par les lois de la République garantissant une compétence générale du département pour traiter de toute affaire ayant un lien avec son territoire" et que cette suppression n'est pas non plus contraire à la libre administration des collectivités.

 

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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 17:55

Les médias se sont beaucoup arrêtés sur la fameuse vidéo dans laquelle M. CANTONA évoquait l'idée de vider nos comptes bancaires afin de faire pression sur le monde de la finance dont la scandaleuse goinfrerie n'est plus à démontrer, surtout depuis un an.

 

Hier soir encore, sur France 3, cela débatttait ferme sur la paternité de cette vraie-fausse idée qui confirme toutefois que les temps changent et qu'il convient, non seulement de s'interroger, mais de construire des alternatives crédibles à ce monde de l'argent-roi. Et, beaucoup gambergent sur le sujet depuis des mois, sinon des années.

 

Aussi, voici quelques suggestions qui nous apparaissent parmi les plus pertinentes, à la fois pour enrichir notre propre réflexion, à la fois pour montrer qu'il existe des pistes concrètes pour avancer vers un monde qui met l'homme au coeur de chaque projet  économique, social et écologique.

 

Pour une riposte européenne à la folie européenne

L’Europe va droit dans le mur du chômage et de l’appauvrissement. Elle le fait en partie par un souci d’orthodoxie budgétaire qui tourne à l’aveuglement idéologique et par peur de mécontenter les prêteurs, dont elle a besoin. Elle le fait surtout dans l’espoir de protéger les prêteurs, rentiers et autres détenteurs de capital des conséquences de la crise financière, en faisant payer les salariés à leur place. Seule la réaction organisée des citoyens peut infléchir cette orientation.

Les contribuables se substituent aux capitalistes 

On ne répétera jamais assez que l’apport d’argent public pour sauver les banques sans exiger aucun effort de la part des créanciers de ces banques revient à faire payer par les ménages ordinaires les risques (grassement rémunérés) pris par les prêteurs (compagnies d’assurances, banques, fonds privés, riches particuliers, etc…). C’est un choix politique, qui comporte des conséquences importantes en termes de redistribution des richesses en faveur des plus favorisés. C’est aussi un choix malsain, qui pousse aux comportements risqués, puisque les risques liés à la mauvaise qualité des emprunteurs ne se concrétisent pas.

Outre les relations de proximité existant entre le pouvoir politique et la finance (remarque : si l’Allemagne est la seule à vouloir faire payer les prêteurs, c’est aussi que le poids de la finance y est plus faible qu’ailleurs), ce choix de nos gouvernants s’explique par leurs énormes besoins financiers, qui leur fait craindre plus que tout une défiance générale des prêteurs. Ainsi, la France devra lever l’équivalent de 20% de son PIB sur les marchés l’an prochain. Mieux vaut que les prêteurs soient au rendez-vous.

Les marchés ont-ils des raisons de flipper ? 

Il ne faut pas imaginer le FESF comme une grande boîte dans laquelle s’entasseraient 440 milliards d’euros apportés là par les membres de l’Union européenne, habillés en rouge et blanc pour l’occasion. Il s’agit d’engagements des pays européens d’emprunter jusqu’à 440 milliards sur les marchés financiers. Ce sont donc des milliards virtuels, d’autant qu’ils sont garantis sur le budget européen et que celui-ci n’est pas établi, faute d’accord entre les pays de l’Union ! A supposer que ces 440 milliards puissent être obtenus des marchés, cette forte augmentation de la demande de fonds entraînerait forcément une certaine hausse des taux sur les dettes nationales.

La clé de répartition de l’effort entre les pays européens n’est pas très claire. Il semblerait, compte tenu de la forte implication des banques anglaises dans le désastre bancaire irlandais, que le Royaume-Uni sera très sollicité. Concernant la France, par exemple, cet endettement supplémentaire (même s’il est versé à l’Irlande, l’argent levé sur les marchés par la France fait partie de la dette de l’Etat français) risque de se traduire par une hausse des taux d’intérêt exigés par les prêteurs et par une dégradation de la note attribuée par les agences de notation à la France.

La soi-disant “aide” européenne se fera au taux royal de 7% ; beaucoup moins que ce que les marché auraient exigé, précisent les commentateurs. Voire : les taux des emprunts d’Etat à dix ans irlandais sont actuellement de 8% environ, mais ils étaient de 6,5% il y a six semaines. Le smicard ou le fonctionnaire irlandais qui perdent 15% de leur pouvoir d’achat apprécieront la générosité européenne à sa juste valeur.

Les agences de notation ont réagi au « plan de sauvetage » de l’Irlande en dégradant sa note. Comme si le pays voyait sa situation aggravée par le prêt de 85 milliards accordé par le Fonds européen de stabilité financière (FESF) ! Tout le monde s’offusque et trouve cette réaction absurde mais, en y repensant, c’est assez compréhensible. La dette publique de l’Irlande approche 100% du PIB. Une fois « sauvée » par les prêts de l’Union européenne, elle sera de 150% environ. A ce niveau, la question de la solvabilité (l’Irlande pourra-t-elle un jour rembourser ses créanciers ?) se pose. Conclusion : prêter ne sert à rien. S’il s’agissait de lutter contre une crise de confiance, ça pourrait marcher. Mais il s’agit d’expliquer clairement comment les pays et les banques touchés par la crise vont faire pour rembourser leurs dettes. Un endettement supplémentaire n’est pas une réponse pertinente.

Les plans de sauvetage ne sauvent rien 

Selon le FMI, au bout de deux ans, une diminution du déficit représentant 1% du PIB entraîne en général une diminution du PIB de 0,5%. On peut imaginer que l’effet soit moins important pour un petit pays ouvert sur l’extérieur, la chute des salaires ayant des effets importants sur l’équilibre extérieur. Mais dans une zone de grande taille comme l’Union européenne, l’effet est plus grand. En général, le multiplicateur des dépenses publiques est estimé autour de 1 à 1,5 pour l’UE. Si c’est bien le cas, la chute du PIB entraînée par une réduction du déficit budgétaire de 1% du PIB est de 1% à 1,5%.

Le plus souvent, les conséquences négatives des épisodes de « consolidation budgétaire », qui est l’expression employée par les spécialistes pour désigner l’austérité, sont atténuées par le jeu de la politique monétaire. Mais il n’en sera pas de même cette fois, puisque les taux d’intérêt demandés par la Banque centrale européenne sont déjà presque nuls et que la tendance n’est pas vraiment à la dépréciation de l’euro (encore largement surévalué à 1,3 $).

Honneur à l’île de Ré 

Si vous allez sur le site du Parti socialiste, vous trouvez des communiqués et déclarations sur l’affaire de l’attentat de Karachi, les fermetures d’usines, les propos off du président Sarkozy, la question des prisonniers politiques en Iran, etc… mais rien sur l’Irlande ou la situation européenne, sauf erreur de ma part. Si vous tapez les expressions « parti socialiste plan de sauvetage Irlande » ou « parti socialiste Irlande » sur votre moteur de recherche favori, vous ne trouvez rien… sauf un texte vengeur de la section de l’île de Ré, daté du 4 octobre, qui est donc la seule réaction du PS que je parviens à trouver. On peut le regretter.

Pourtant, nous sommes face à un problème politique, qui exige des réponses politiques. Grève générale en Grèce, grève générale au Portugal, grève générale en Irlande : chaque plan d’austérité entraîne une réaction forte des citoyens et le gouvernement pourrait tomber en Irlande. Mais ces réactions éparses n’ont guère d’efficacité. La solution est le recours à la grève et à la manifestation dans toute l’Europe en même temps, avec un programme simple alternatif à l’austérité : restructuration des dettes bancaires et de certaines dettes publiques, monétisation des déficits par la BCE dans certaines conditions, liaison chiffrée entre croissance et réduction des déficits.

Arnaud Parienty 

Arnaud Parienty, 49 ans, est professeur agrégé de sciences économiques et sociales au lycée de Courbevoie (92). Auteur d'ouvrages sur la fiscalité (Le monde - Marabout), la productivité (Armand Colin) et la protection sociale (Gallimard - Le monde), il a participé à de nombreux manuels scolaires et universitaires aux éditions Nathan et collabore régulièrement à Alternatives Economiques. Il a également été membre, en tant que représentant de la FSU, du Conseil d'orientation des retraites et du groupe "prospective des métiers et des qualifications" du Conseil d'analyse stratégique.

 

il faut coincer les serial killers

Atterré par l’idéologie économique ambiante, atterré par le chaos qui gagne en profondeur et en gravité toute l’Europe, excédé par les serial killers qui nous gouvernent, sidéré par le tournis dont sont saisis nombre de citoyens qui s’abandonnent à la moindre idée diffusée à la cantonade, je prends le risque de faire quelques propositions à la hache et de les soumettre à la discussion.

1. Le mode opératoire des serial killers

 Qu’est ce qu’un serial killer ?

C’est un tueur en série qui utilise généralement le même mode opératoire. C’est d’ailleurs ce qui finit par le perdre, car on arrive ainsi à le coincer.

Tous les gouvernements européens sont en train de tuer la protection sociale. Le gouvernement français vient de donner un coup potentiellement mortel à la retraite par répartition, à la demande expresse de tous les financiers, spéculateurs, assureurs, patronats…

À peine la besogne est-elle accomplie que le serial killer tisse les fils de sa toile dans laquelle il prendra l’assurance maladie pour l’assassiner. Ne doutons pas que l’affaire sera rondement menée. Et selon un scénario connu : on tarit les ressources de la Sécurité sociale, on la met en déficit chronique et croissant, on la déclare incapable de répondre aux besoins, on limite la prise en charge de ces derniers abandonnés aux assureurs, qui guignent d’un œil vorace les centaines de milliards d’euros par an que constitue la protection sociale.

Les serial killers à la tête des États ne commettent pas leurs forfaits sans un réseau de complicités dont les fils s’étendent du monde de la finance – banques, institutions financières de toutes sortes et agences de notation – à celui de la presse bien-pensante, sans oublier la mafia des paradis fiscaux. Les pièges sont tendus.

 L’organisation du chaos

Comment surmonter la contradiction née d’une exigence de rentabilité des capitaux de plus en plus élevée et la dégradation de la condition des salariés qui sont pourtant choyés par une publicité envahissante pour les transformer en oies gavées de gadgets ? Le système bancaire a inventé le crédit aux pauvres, moyennant des hypothèques aussitôt transformées en titres financiers qui vont se mélanger à la pyramide de multiples produits dérivés, lesquels font les délices d’opérateurs financiers fascinés par la martingale du casino mondial. Toutes les institutions dont le métier est de spéculer sur le dos des entreprises restructurées utilisent à fond la caisse le crédit bancaire pour bénéficier de l’effet de levier, tout en recyclant les placements de rentiers aspergés de dividendes croissant à la vitesse de la dévalorisation des salaires et des prestations sociales.

La finance a cru pourvoir shunter le passage par la case « travail productif » pour garantir une accumulation infinie. Marx avait montré que ce n’était pas possible et le miracle des petits pains ne s’est pas produit. Une à une, les bulles ont explosé. La montagne de dettes privées a été refilée à la collectivité. Celle-ci, par le truchement des banques centrales et par celui des budgets des États, a sauvé de l’effondrement les banques privées : des milliers de milliards injectés ou prêts à l’être sans aucune contrepartie exigée des bénéficiaires. Des milliers de milliards qui venaient soit de l’endossement par les banques centrales de créances pourries dont personne ne voulait plus, soit d’emprunts par les États auprès de la partie des institutions financières encore debout ou qui venaient d’être relevées !

Puis vint la phase où les naufragés remis en selle se sont mis à mordre la main qui les avait sauvés. Avec une arrogance inimitable, des agences privées s’étant auto-désignées « de notation » ont distribué des triples A, des A– et des B+ pour évaluer les capacités des États à honore leur dette dite souveraine. La Grèce a été la première victime des serial killers financiers. À cette occasion, le citoyen éberlué a appris que l’on pouvait spéculer sur des obligations d’État sans en posséder, par le mécanisme des ventes à découvert : les credit default swaps assurent ce que vous n’avez pas et deviennent eux-mêmes l’objet de spéculation. La Grèce est passée sous les fourches caudines de la finance : 110 milliards d’euros lui ont été accordés à un taux de 5,8 %, deux fois plus élevé que celui que doivent payer les pays les mieux « classés ». L’obligation de réduire son déficit de moitié en cinq ans est vouée à l’échec dans un contexte de récession sciemment organisée.

Le cas de l’Irlande est lui aussi éloquent : considéré comme modèle du libéralisme conquérant pendant la montée de la bulle immobilière, ce pays est jeté à bas par le basculement des banques trop impliquées dans cette frénésie spéculative. Qu’a fait l’État irlandais ? Il a garanti les créances pourries de ses banques et, pour cela, l’endettement public a explosé de 25 % du PIB à plus de 100 %, parce qu’il n’est pas question pour l’Irlande d’en finir avec son statut de quasi-paradis fiscal avec un taux d’imposition sur les sociétés dérisoire. Dans un sursaut d’indépendance, le gouvernement irlandais a tenté de résister aux injonctions qui lui commandaient de demander de l’aide. En vain, il a été « obligé d’appeler au secours ».

Les cas grec et irlandais sont des cas d’école qui mettent au jour la rouerie des discours des gens de pouvoir censés réguler cette monstrueuse machinerie financière et celle des bonimenteurs chargés de vendre la purge de l’austérité aux populations : il faut avaler la purge sinon vous serez sanctionnés par la vente des bons de votre Trésor, donc on vous impose la déflation ; puis, quand la déflation est là à cause de la rigueur, vous devez payer les conséquences de celle-ci, qui se traduit notamment par une nouvelle explosion de la dette publique, et vous serez sanctionnés par la vente des bons de votre Trésor. Autrement dit : face les marchés financiers gagnent, et pile, les populations perdent. Cela signifie que, malgré ou à cause de la liberté d’établissement des banques dans toute l’UE, un État s’engage implicitement à renflouer les banques étrangères qui sont venues tirer parti des largesses et facilités locales. Il est hors de question d’appliquer un principe de « spéculateur-payeur » analogue à celui de pollueur-payeur.

Mais cette partie « à tous les coups la finance gagne » est minée par une contradiction qui devient de plus en plus flagrante et que Keynes avait déjà en son temps bien repérée : les rentiers ont de l’argent à ne pas savoir qu’en faire et ils veulent le placer à tout prix (entendez au meilleur prix) mais ils s’émeuvent de l’endettement trop élevé de leurs vaches à lait ; dans le même temps, les emprunteurs, sommés de s’acquitter de taux d’intérêt qui s’élèvent au fur et à mesure qu’ils s’endettent, sont pris dans l’étau que resserrent les banques. Il arrive donc aujourd’hui aux États devenus structurellement emprunteurs par la faute du système financier ce qui était arrivé dans les années 1980 aux pays appelés encore à l’époque du tiers-monde : étranglés par l’endettement et des taux qui voltigeaient, ils avaient dû subir la double peine avec les ajustements structurels que le FMI et la BM leur infligeaient. Monsieur DSK connaît ses classiques.

 L’Union européenne est nue

La promesse d’une Union européenne îlot de stabilité dans un océan déchaîné grâce à un euro protecteur s’est évanouie. La preuve est faite, s’il en fallait une, que la « concurrence libre et non faussée » débouche immanquablement sur un accroissement des disparités de développement, de productivité, et cela d’autant plus important que l’élargissement de l’UE s’est fait à budget européen constant. Le bridage de la politique budgétaire était renforcé par celui de la politique monétaire et la zone euro, présentée comme modèle à l’ensemble du monde, devint en réalité la seule zone du monde privée de garant « en dernier ressort ». Il n’est pas étonnant que, flairant la bonne affaire, les spéculateurs se soient mis à parier à outrance sur l’effondrement de chaque maillon de la zone, en commençant la curée par le plus faible.

Et apparaît alors le vice fondamental, intrinsèque, inexpugnable de la finance capitaliste mondiale : le marché financier ne peut, par définition, s’équilibrer. En effet, plus la confiance en un emprunteur se dégrade, la baisse de la demande de titres émis par celui-ci devrait entraîner la baisse du prix exigée en rémunération des prêts. Or, c’est le contraire qui se produit : le taux d’intérêt grimpe à toute allure, ce qui signifie que la fameuse loi de l’offre et de la demande est contredite par l’exigence de primes de risque plus fortes.

Le traité de Lisbonne, reprenant textuellement les traités antérieurs, interdit à l’UE de venir en aide à un État en difficulté et à l’un des membres de se porter au secours de son voisin malade. De même, il interdit à la Banque centrale européenne de monétiser les déficits publics et la dette publique. En langage clair, cela signifie que les États ne peuvent pas faire appel à la banque centrale et sont obligés d’emprunter auprès des opérateurs privés qui n’attendent que ça, bien qu’ils glapissent après les déficits publics pour justifier la restriction des dépenses publiques.

Mais, ce traité, que l’on nous disait intouchable, est passé à la trappe. La Banque centrale européenne a racheté des obligations d’État douteuses. L’Allemagne, suivie par la France, a exigé que les conditions de l’aide soient aggravées. Ce ne sont plus seulement les sanctions du Pacte de stabilité, ce sont celles d’un Plan de stabilité au carré.

Un Fonds européen de stabilisation financière a été créé par l’Ecofin de mai 2010 qui prévoit plusieurs centaines de milliards d’euros mobilisables (440 milliards + 310 ajoutés par le FMI) pour sauver les États menacés de faillite selon les critères des agences de notation. L’Irlande va recevoir 85 milliards de ce fonds, dont 35 destinés directement aux banques par qui le scandale est arrivé.

Cela ressemble à un gag de mauvais goût : les Irlandais que l’on oblige à revoter chaque fois qu’ils disent non (en 2001 et 2008) à une saloperie qu’on leur prépare sont soumis à une potion amère pour colmater les brèches ouvertes par la saloperie en question.

Que se passera-t-il si, tour à tour, les maillons de la chaîne européenne lâchent ? Le Fonds de stabilité financière ne peut sauver qu’un ou quelques États. Qui sauvera les derniers ? Derrière la dernière banque centrale, il n’y a plus rien.

 Pendant ce temps, le G20 tient l’assemblée des serial killers

En novembre 2008, le G20 réuni à Washington décide de l’ordre du jour du G20 suivant.En avril 2009, le G20 de Londres amuse la galerie avec les paradis fiscaux.

En septembre 2009, le G20 de Pittsburgh se félicite que les banques aient été sauvées… par l’argent public.

En  juin 2010, le G20 de Toronto réforme le FMI qui pourra mieux imposer l’austérité partout. Les Grecs, les Hongrois, les Irlandais disent merci. Les Portugais, les Espagnols… piaffent pour remercier leurs bienfaiteurs

En novembre 2010 le G20 de Séoul regarde se mettre en place les germes de la guerre des monnaies.[1]

2. Après le chaos, le refus de l’abîme

Le mouvement social français de cet automne a montré la capacité de la population à faire les connexions entre tous les dégâts qui lui tombent sur la tête. Le ras-le-bol vis-à-vis des serial killers est à son comble. Ainsi s’explique la rapidité avec laquelle la proposition d’Éric Cantona s’est répandue sur internet, en appelant à la révolution contre les banques en retirant en espèces tous les dépôts. Mais peut-on s’écarter du chaos en sautant dans l’abîme ?

La difficulté tient au fait que la finance nous mène inexorablement à l’abîme, puisque, dès lors que la règle « socialisation des pertes et privatisation des bénéfices » est devenue le trait d’union de toutes les politiques économiques, la crise en un point entraîne obligatoirement la crise au point le plus proche économiquement et financièrement parlant.     On pourrait donc être tenté de dire : cela ne peut pas être pire. Il faut pourtant y réfléchir à deux fois. En admettant que les épargnants se précipitent aux guichets des banques pour réclamer leurs avoirs, il faut pouvoir répondre aux questions suivantes.

            - Qui réussira à obtenir des espèces ? Les premiers arrivés et encore !

            - Et que demander aux banques ? Des billets, c’est-à-dire des bouts de papier ? Tant qu’à faire, pourquoi pas de l’or, du platine, de l’argent, du vrai… ?

            - Que faire des billets retirés emplissant de gros sacs pour les épargnants les plus riches et de maigres enveloppes pour les plus pauvres ? Augmenter la consommation ? Mais si le système de crédit s’effondre, l’économie fait de même et il faudra peu de temps pour qu’il n’y ait plus rien à acheter.

            - Que devient la souveraineté populaire si le peuple se suicide en même temps qu’il cherche à trucider les banques ?

Au fond, la proposition de Cantona surfe sur l’illusion que les banques prêtent ce que leurs clients ont préalablement déposé. Or c’est exactement l’inverse. C’est parce que les banques font crédit que des dépôts sont effectués. On pourrait même imaginer le scénario à la Cantona suivant : les banques distribuent tous les billets qu’elles détiennent aux épargnants qui font la queue devant ses guichets ; l’activité de prêt continue puisque les crédits sont accordés en monnaie scripturale et les emprunteurs règlent leurs achats et investissements en ordonnant des virements de compte à compte. Où serait la révolution de Cantona ?

 S’emparer des banques

Détruire les banques revient à se tirer une balle dans le pied. En revanche, le temps est venu de s’en emparer radicalement. Cela signifie :

-       la collectivisation-socialisation de tout le système bancaire à l’échelle européenne ;

-       la reconnaissance officielle de ce qui est devenu la pratique incontournable : la possibilité d’achat par la BCE des bons du Trésor à taux zéro ;

-       en d’autres termes, la réappropriation publique de la création monétaire ;

-       l’interdiction des ventes à découvert.

Cette mise au pas du système bancaire et financier sera d’autant plus efficace qu’elle sera accompagnée :

-       de  la mise en place d’une taxation des transactions financières, à l’échelle européenne pour démarrer le processus ;

-       du renforcement très important de la fiscalité sur les revenus financiers, en réintroduisant une forte progressivité afin de parvenir à un plafonnement des hauts revenus.

Annuler la dette publique qui est illégitime

Tout le monde sait que la montée des déficits publics et donc de l’endettement public n’est pas due à une dérive des dépenses publiques. Elle est due à deux facteurs. L’un qui est à l’œuvre de manière rampante depuis plusieurs décennies, le cas français étant exemplaire à cet égard : la fiscalité a été réduite par tous les bouts, et particulièrement la fiscalité progressive, sans que les gouvernements successifs ne réussissent à rogner proportionnellement les dépenses publiques et sociales dont une grande part est incompressible. Le second facteur est récent et le plus violent : il s’agit de l’endossement des dettes privées par les collectivités publiques à la suite de la crise bancaire et financière.

Il est donc impossible de justifier que les populations soient obligées d’absorber toutes les conséquences d’une situation dont elles ne sont nullement responsables. La quasi-totalité de la dette publique est illégitime.

Les facteurs d’évolution de la dette publique en France depuis 2002 (en % du PIB)

Voir le graphique ici

N.B. : L’effet baissier des flux de créances de 2006 s’explique par le volume exceptionnel des produits de cessions d’actifs affectés au désendettement de l’État (13 milliards d’euros) et par les mesures d’optimisation de la trésorerie publique (en particulier la réduction de l’encours du compte du Trésor en fin d’année de près de 26 milliards d’euros).

Source : Rapport de l’Assemblée nationale, par Gilles Carrez, n° 1967, mai 2010, http://www.assemblee-nationale.fr/13/rapports/r1967-ti.asp

Il ressort du graphique que l’aggravation du déficit public provient bien surtout de deux facteurs. Le déficit primaire est dû aux effets de la récession et aux allègements fiscaux qui privent les administrations publiques de ressources. Et l’effet boule de neige renforce les éléments précédents en aggravant l’écart entre le taux de croissance et le taux d’intérêt.

L’explosion de l’endettement public est imputable d’une part aux cadeaux fiscaux faits aux classes sociales les plus riches et d’autre part à la crise due essentiellement aux pratiques financières qui, in fine, servent les intérêts desdites classes.

Il est donc possible de soumettre au débat public l’idée de répudier la dette illégitime. Le Conseil européen du 29 octobre 2010 a modifié les règles d’attribution de l’aide par le Fonds européen de stabilisation financière : à partir de 2013, les aides seraient accompagnées d’une restructuration partielle de la dette, c’est-à-dire une annulation partielle de celle-ci. C’est cette annonce qui a d’ailleurs précipité l’angoisse de créanciers angoissés par nature. DSK, qui a toujours ses classiques en tête, vient de déclarer qu’il fallait une autorité budgétaire européenne indépendante. Le serial killer du FMI entre en scène pour mettre les politiques monétaire et maintenant budgétaire hors de tout contrôle souverain. Et la serial killer qui dirige l’Allemagne joue sa propre partition : à une dislocation de la zone euro qui priverait l’économie allemande de l’avantage que lui procure la surévaluation de l’euro subie par ses partenaires commerciaux européens, et à une possible défection générale des débiteurs qui ruinerait les créanciers allemands, elle préfère prendre les devants en imposant le principe d’une répartition du risque de restructuration partielle des dettes publiques sur l’ensemble des créanciers européens et internationaux. Mme Merkel veut le beurre des excédents et l’argent du beurre des déficits des autres.

L’idée d’annuler la dette publique n’est donc pas saugrenue. Elle est bien sûr politiquement abrupte puisqu’elle porte le fer dans le flanc de la rente, de la finance et, pour abandonner les euphémismes, dans celui de la classe bourgeoise aux dimensions internationales.

 Que faire de l’euro ?

La question de la survie de l’euro est posée. Si la crise s’approfondit, et elle ne peut que le faire si les structures de la finance ne sont pas réorganisées fondamentalement, l’éclatement de la zone euro est hautement probable. Cet éclatement peut venir de l’éviction des pays jugés trop « lourds » à supporter, d’un choix de leur part ou au contraire d’un départ d’un pays qui, comme l’Allemagne, veut des excédents mirifiques tout en ne tolérant pas les déficits des autres !

Dans tous les cas, ce serait la mort des velléités de coopération au sein de feue l’Union européenne. L’option préférée ici n’est pas de sortir de l’euro unilatéralement, mais de faire éclater les carcans dans lesquels il est enfermé et qui en font un instrument d’asservissement au lieu de coopération.

Comment faire sauter ces carcans ? C’est le problème, dont la solution dépend surtout,  d’une part, de la coordination des luttes sociales à l’échelle européenne alors que pour l’instant les peuples entrent en lutte contre les politiques anti-sociales de leurs gouvernements respectifs de manière séparée, et, d’autre part, d’accords conclus entre États qui accepteraient de rompre avec les injonctions des institutions européennes. En particulier, ces États décideraient de mécanismes de transferts budgétaires

L’exemple est venu d’en haut : il n’y a plus de contraintes tyranniques qui tiennent et, déjà, bruissent les rumeurs de révision du traité de Lisbonne. Un groupe d’États qui s’exonéreraient de ce dernier seraient-ils mis au ban de la communauté ? Pas sûr, car l’Allemagne est empêchée de jouer les justiciers par l’arrêt de la cour de Karlsruhe qui, en juin 2009, a considéré que les traités et directives européens ne pouvaient contrevenir aux dispositions de sa Loi fondamentale.

Faut-il transformer la monnaie unique en monnaie commune cohabitant avec des monnaies nationales restaurées ? Ce serait une position de repli in extremis en cas d’échec des stratégies de coopération renforcée. Il y aurait un avantage immédiat, celui de faire retrouver à chaque pays des marges de manœuvre par le biais du taux de change.

Mais la manœuvre comporterait deux risques élevés. Le premier est de remplacer la « concurrence libre et non faussée », façon Commission européenne, par une concurrence obligée et faussée par les écarts de productivité. Le second risque est de déclencher une spéculation encore plus forte contre les pays les plus fragiles, à l’image des ravages provoqués par les spéculations de 1992 et 1993, dans le cadre du système monétaire européen au sein duquel l’écu fonctionnait pour les marchés financiers comme une sorte de monnaie commune.

 Relancer la croissance ou bifurquer ?

Beaucoup de voix, notamment parmi la toute jeune communauté des « économistes atterrés », appellent de leurs vœux des politiques de relance de la croissance économique pour desserrer l’étau de l’effet boule de neige. Il ne fait pas de doute qu’il y a là une potentialité d’alléger le poids de la dette au fur et à mesure que les rentrées fiscales augmentent avec la croissance et que l’écart entre le taux de croissance et le taux d’intérêt se réduit. Et l’avantage de cette potentialité est qu’elle peut se manifester dans un terme assez court.

Mais peut-on aujourd’hui séparer le court et le long terme ? La réponse dépend du diagnostic que l’on porte sur la crise qui a éclaté en 2007 ? S’agit-il d’une péripétie financière analogue à toutes celles que le capitalisme a connues dans le passé, suivies de récessions temporaires ? Ou bien s’agit-il d’une crise systémique à deux niveaux : une crise systémique parce que le régime d’accumulation financière développé depuis plus une bonne trentaine d’années est à bout de souffle, et une crise systémique parce que le capitalisme mondial rencontre une limite dont il avait cru s’affranchir jusqu’ici qui tient à la finitude de la planète et des ressources naturelles. On retient ici la seconde hypothèse et on en conclut que la seule relance envisageable est celle qui irait vers les investissements de reconversion écologique de l’industrie et de l’agriculture et celle qui ferait le choix des services non marchands de qualité.

On ne peut donc se contenter de prôner des politiques économiques de relance pour contrer les politiques de déflation mises en œuvre par les serial killers. Parce qu’il faut craindre que ces derniers n’y trouvent matière à faire de nouvelles victimes qui s’appelleraient populations déplacées à cause du réchauffement climatique, et chômeurs et précaires condamnés à la mendicité ou l’assistance tandis que les actionnaires se goinfreraient.

Un serial killer, ou bien où il continue de tuer avec une violence toujours croissante, ou bien on le coince.


[1] Voir Attac, « Le G20 face à la crise financière : les éléphants, la souris et les peuples », novembre 2010.

Jean-Marie Harribey

Jean-Marie Harribey est ancien Professeur agrégé de sciences économiques et sociales et Maître de conférences d’économie à l’Université Bordeaux IV. Pendant la première moitié de sa vie professionnelle, il a enseigné en lycée, et, pendant la seconde, à l‘Université où ses recherches portent sur la critique de l’économie politique, les concepts de valeur et de richesse, le travail, la protection sociale et le développement soutenable.

Il a publié notamment L’économie économe, Le développement soutenable par la réduction du temps de travail (L’Harmattan, 1997), Le développement soutenable (Economica, 1998), La démence sénile du capital (Le Passant Ordinaire, 2002), Raconte-moi la crise (Le Bord de l'eau, 2009). Il a dirigé Le développement a-t-il un avenir ? (Mille et une nuits, 2004), Le Petit Alter, dictionnaire altermondialiste (Mille et une nuits, 2006). Et il a co-dirigé Capital contre nature (PUF, 2003), Le développement en question(s) (PUB, 2006), Sortir de la crise globale, vers un monde solidaire et écologique (La Découverte, 2009), et Retraites : l'heure de vérité (Syllepse, 2010)

Jean-Marie Harribey est chroniqueur à Politis. Il est membre de la Fondation Copernic et d'Attac France, qu'il a présidée de 2006 à 2009.

 

 

Et puisque c'est dans les tuyaux du jour, une information utile sur l'extrême-droite sur le même sujet. Soyons prudents.

Sur les liens entre l'extrême-droite et l'initiative bankr Sur les liens entre l'extrême-droite et l'initiative bankr

 

Puis, rappelez-vous que :

 

 

172

c’est en milliards d’euros le montant d’allégements fiscaux et sociaux qui a été accordés aux entreprises en 2009


 

 

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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 09:47

Marc Laimé nous pardonnera cet emprunt mais c'est pour une bonne cauSe. Par contre, ami(e)s lecteurs, lectrices, vous trouverez les coordonnées de son site dans les liens recommandés par on a le droit de voir rouge.

 

REMOUS 

Est Ensemble (40) : Après le vote, par la Coordination Eau Ile-de-France

par Marc Laimé, 2 décembre 2010

 

Le conseil communautaire d’Est Ensemble a voté le 30 décembre 2010 à Romainville l’adhésion de l’agglomération au Syndicat des Eaux d’Île-de-France (SEDIF), ce qui revient à confier la gestion de l’eau à VEOLIA, par les 53 voix des élus du PS, de la droite (UMP et MODEM) et de certains élus du PCF (Bobigny et Le Pré-Saint-Gervais). C’est un très mauvais coup pour tous ces habitants de Seine Saint-Denis qui vont continuer à payer un des tarifs les plus chers de France pour l’eau. Que les populations les plus démunies soient contraintes de verser une rente aux actionnaires d’une entreprise du CAC40, pour accéder à un droit fondamental, est une injustice absolue ! Que les questions légitimes posées sur la qualité de l’eau, et donc sur la santé des habitants, n’aient pas trouvé le plus petit début de réponse en dit long sur l’esprit de responsabilité des élus qui ont fait le choix du SEDIF/VEOLIA. Qu’une assemblée où la gauche dispose de 86 sièges sur 91, s’aligne sur les choix de la droite la plus libérale en dit long sur l’état de la gauche.

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Où est la gauche ?

Lors du précédent conseil communautaire, interrompu par l’irruption des citoyens, les élus avaient sur leur table une lettre de M. Santini, président du SEDIF, leur enjoignant d’obtempérer et d’adhérer au SEDIF. Ce qu’une majorité d’entre eux s’est empressée de faire. Au lieu de s’appuyer sur la dynamique citoyenne pour créer un rapport de force contre le SEDIF et signer une convention provisoire, le président d’Est Ensemble et la majorité socialiste se sont appuyés sur le SEDIF pour créer un rapport de force contre les citoyens et contre le choix concret permettant une gestion publique de l’eau. Pourquoi ? La question est dans toutes les têtes et il faudra la poser encore un million de fois, à voir les têtes livides et défaites des « vainqueurs » du vote quand les citoyens les interpellent.

Quelle démocratie ?

C’est là sans doute le fossé le plus profond, celui qui touche à la place des habitants dans la cité. Ainsi M. Kern, le Président de l’agglomération, a-t-il pu affirmer que « le débat sur la question de l’eau (…) n’est pas essentiel pour Est Ensemble » et regretter « la politisation à outrance de notre agglomération ». Cette conception minimaliste de la démocratie et du débat politique s’est illustrée tout au long de ces derniers mois. Cela va des rapports non divulgués au public (et mêmes aux élus), en passant par les débats jamais organisés par l’agglomération (voire empêché dans les faits à Bobigny), et par le refus de réunir la Commission consultative des services publics locaux, jusqu’au vote en présence de dizaines de vigiles, d’un huissier pour constater les débordements (qui n’ont pas eu lieu) et tenir la réunion à huis-clos, et d’une caméra pour surveiller le public rebelle ! Au lieu de se réjouir de l’intérêt des citoyens pour la chose publique, leurs « représentants » (en réalité, ils n’ont pas été élus par la population pour siéger au conseil d’agglomération, ce sont des représentants …de représentants) s’emploient à les disqualifier et à les faire taire.

 

 

 

« Tout est perdu, fors l’honneur »


Hommes, femmes, élu(e)s, citoyen(ne)s, militant(e)s, toutes et tous, vous étiez là, obstiné(e)s, éperdu(e)s, furieux, nous le sommes toutes et tous, mais nous étions là et nous sommes là.

Merci les Dominique, Juliette, Stefania, Vincent, Jacques, Marc, Alain, Daniel, Jacques..., j’arrête, j’y passerais la nuit.

Nous sommes encore là, toujours là, serons là demain.

El pueblo unido…

Hommage à celles et ceux qui nous représentent et qui ont parlé, ce soir là…

 

L intervention d Alain Calles Ecologie et citoyennete L intervention d Alain Calles Ecologie et citoyennete

 

L intervention de Jacques Jakubowicz L intervention de Jacques Jakubowicz

 

L intervention de Daniel Bernard Parti de gauche L intervention de Daniel Bernard Parti de gauche

 

  Et Madjid !


La nouvelle donne citoyenne

Une dynamique citoyenne en faveur d’une gestion publique, transparente et écologique de l’eau est en marche. Elle réunit associations, forces politiques et citoyens. Dans le conseil communautaire, elle s’est exprimée dans les 38 voix des élus du groupe écologie et citoyenneté, du parti de gauche, de la majorité des élus du groupe du PCF et des élus d’à gauche autrement et de la FASE, qui ont refusé l’adhésion au SEDIF.

Dans les débats, elle a pris le dessus par la précision et le sérieux de ses arguments face aux discours creux et aux approximations des partisans du SEDIF/VEOLIA. Il y a quelques mois, M. Kern et ses amis renvoyaient dos-à-dos gestion publique et gestion privatisée et certains ne savaient pas quoi décider ! Ces derniers jours, tout le monde à gauche a du s’exprimer –dans les discours au moins- en faveur d’une gestion publique de l’eau et de la recherche d’une alternative en partenariat avec Paris !

Elle s’est traduite aussi par d’innombrables actions en direction de la population ces dernières semaines. Les blogs, les vidéos ont contribué à la formation de l’opinion publique, un rôle autrefois dévolu aux partis politiques.

Malheureusement, cette forme d’hégémonie politique que nous avons construite, ne se traduit pas encore en majorité pour emporter les décisions. Sans doute parce que les enjeux sont trop importants (avec Est Ensemble, il y avait la possibilité d’écorner le SEDIF, premier contrat européen de VEOLIA) et notre mouvement pas encore assez fort. Continuons donc la voie de la politisation qui fait si peur à M. Kern et dans la voie de la construction d’un mouvement citoyen capable de peser sur les choix.

Dans l’immédiat, nous allons avec les diverses associations impliquées dans cette lutte examiner toutes les possibilités de recours juridique. Nous allons aussi nous intéresser aux conditions de sortie du SEDIF pour les villes de Montreuil et de Bagnolet, puisque la charte politique de l’agglomération prévoit explicitement de ne pas imposer à une ville un choix dont elle ne veut pas.

Enfin, nous invitons tous les participants à cette lutte, élus, associations, citoyens, à se retrouver à l’occasion de la partie publique de l’AG annuelle de la Coordination EAU Île-de-France qui aura lieu samedi 11 décembre de 18h00 à 20h00 à Montreuil, Espace Comme vous émoi, 5 rue de la Révolution (Métro Croix de Chavaux.


A SONG :

Les Coeurs purs

Lire aussi :

Est Ensemble : le dossier d’Eaux glacées

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 18:39

Jeudi 25 novembre, grand soir noiséen, c'est le conseil municipal. L'enthousiasme est relatif, il faut bien le dire, tant l'impression de convenu domine, mois après mois.

Faut dire que le jeu de rôle est rodé ! La majorité municipale jouera son rôle de majorité, avec ses soldats à l'affût et ses soldats silencieux. L'opposition aura son rôle de minorité, de triple minorité, doit-on dire, puisque trois listes se sont partagées les dépouilles du scrutin, grande règle du Code électoral oblige.

Et on se prend à réver parfois d'une proportionnelle intégrale qui aurait remis quelques pendules à l'heure !!! Mais foin de mauvais rêves que d'autres ont visiblement enterrés au plus profond de leurs pensées politiques... C'est bien vrai, mon bon monsieur, ce serait ingouvernable... Puisque l'on vous le dit, faut bien le croire, tout comme d'ailleurs, il faut croire aux vertus d'un régime présidentiel ! L'épreuve des faits le démontre assez ces derniers mois dans le pays...

D'autant plus que cela aussi, c'est enterré au plus loin des ambitions et des égos...

Mais, la démocratie (mais laquelle avec 50% d'abstention du corps électoral ?) doit passer, coûte que coûte, alors - on verra ce que l'on verra, on ne s'en laissera pas compter -, on se rend au 4ème étage du théâtre Michel Simon, en attendant la future et toute simple mairie qui s'annonce parmi les chantiers en tout genre qui transforment la ville et nos vies (mais c'est aussi pour notre bien, comme on dit implicitement dans la majorité qui s'occupe de tout).

Pour autant, pour autant, la chaise vide n'est pas vraiment la solution. il y aura bien d'autres rendez-vous pour présenter les additions nécessaires et indispensables !

Au quatrième étage, salle comble, soit de 40 à 50 personnes, léger pour une ville de plus de 50000 habitants. Mais que voulez-vous, tous ne sont pas invités et ... tous ne souhaitent pas venir, voire s'en fichent. Quelques militants socialistes, quelques militants d'associations ou d'autres formations politiques et le tour est joué, les places assises sont prises !

Mais arrêtons de délayer, il faut bien entrer dans le vif du sujet et le vif, ce soir là, c'est la transformation de la société d'économie mixte, la Socaren, en société publique locale, grande  trouvaille des élus de la nation pour contourner ce qui gène, le comble quand on se rappelle le traitement du vote des français à propos du traité constitutionnel européen, du PS à l'UMP...

On en vous dira pas qu'il n'y avait rien d'autres d'important durant ce conseil. Pas d'inquiétude, il y avait bien son lot de préemption, de démolition, de décision budgétaire modificative ! Il y avait même un beau schéma directeur pour les bords de Marne, qu'il ne nous viendrait pas à l'idée de critiquer, mis à part l'oubli de la "marina" dans la présentation et, soyons mauvais, de la Pergola, bien entendu.

Non, non, il y avait toutes sortes de sujets nécessaires. D'ailleurs, on en a voté plusieurs parce qu'ils font aussi la vie municipale et qu'ils ne posent pas de problème en soi.

Non, nous l'avouons, nous, ce qui nous a semblé le plus important, c'était la Socaren, celle, dixit le maire, qui "ne rend pas heureux Etienne Doussain dans ce conseil municipal"... Il y a des oukases qui tombent comme ça ! Comprenne qui pourra mais, lui-même, ne semblait pas spécialement heureux d'être obligé de répondre aux questions posées. C'est ainsi et il faut bien que la vie passe avec ses vicissitudes...

Comme le blog de l'association des Bas Heurts va vous permettre de l'écouter, nous, nous vous proposons de lire le texte de notre intervention, un peu longue (14 minutes environ), certes, mais, de notre point de vue, utile. D'ailleurs, not' bon maire a immédiatement corrigé cette impudence par une intervention quasiment aussi longue de 13 minutes approximativement. Comme quoi, tout rentre facilement dans le désordre !

Un mot encore. Nous n'étions pas vraiment inspirés par le sujet et pourtant, nous avons cru utile de faire une proposition démocratique en demandant la représentation de l'ensemble du conseil au sein de cette nouvelle société. Passé le moment de gène, d'autres minoritaires s'étant chargés d'enfoncer le clou, la majorité, avec cette grande de générosité dont elle est coutumière - rappelez vous le règlement intérieur du conseil municipal - a concédé un poste à l'opposition. On connaît la musique, seule l'UMP pouvait être représentée ! Et vive la démocratie participative ...

 

Bonne lecture

 

Etienne DOUSSAIN

Sylvie MONNIN

Heureux envoyés spéciaux 

néanmoins, conseillers municipaux de "Noisy Solidaire, A gauche vraiment !"

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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 16:36

Hier soir à Romainville, était réuni le conseil communautaire des communes qui forment Est-Ensemble. Au menu, le débat sur l'éventuelle sortie du SEDIF en raison de la reconduite du contrat avec Veolia, il y a quelques mois. Malgré les contacts pris avec la ville de Paris, engagée dans le processus d'une gestion publique de l'eau, il apparait que la position de la majorité des élus communautaires (dont la légitimité reste relative puisque leur mandat n'est pas directement lié au suffrage universel - quoiqu'en dise Monsieur KERN, maire de Pantin) aurait pu entrainer un vote favorable au maintien de Est-Ensemble dans le giron du SEDIF.

 

L'irruption citoyenne légitime que vous allez constater sur cette vidéo a, bien évidemment, géné les élus à l'occasion d'un débat de première importance. Mais peut-on encourager la contestation d'une décision politique lorsqu'il s'agit de la réforme des retraites et ne pas accepter l'intervention des militants de la coordination eau ile de France et des citoyens qui accompagnaient cette démarche lors d'un conseil communautaire?

 

Ainsi donc, alors que le débat sur le retour à une régie publique de l'eau en Ile de France est intense depuis des semaines, les élus d'un conseil communautaire s'arrogeraient le droit de dire, seuls, ce qui est bon pour 400 000 habitants ? Rien n'est moins sur...

 

Remarquez, à Noisy le Grand, on est tranquille de ce côté là ! On ne sait toujours pas quel a été le vote des élus qui nous représentent au SEDIF lorsqu'il était question de reconduire ou non le contrat avec Veolia... ,en l'occurrence, un délégué titulaire du PS, son suppléant, membre des Verts. Et l'on s'étonne de l'agacement que cela suscite quand une décision de retour à une gestion publique semble à portée... de vote ? Pour l'instant, ce dernier est reporté.

 

Quoiqu'il en soit, on se rapportera utilement aux informations des deux sites dont les liens sont les suivants :

 

coordination eau ile de france

 

Les eaux glaçées du calcul égoiste

 

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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 16:09

Au cas où..., c'est là qu'il faut cliquer :  Référendum retraites

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19 novembre 2010 5 19 /11 /novembre /2010 10:00

Compte tenu du débat qui semble persister entre les villes de Neuilly Sur Marne et de Noisy Le Grand, cet article jete une lumière utile ... sur l'utilité des missions locales. Sans doute, il y a lieu de se méfier de la parole d'un gouvernement qui n'a eu de cesse de réduire l'action de l'Etat en faveur de ces lieux indispensables contre le chomage des jeunes mais nous sommes certains que le différent financier, réel d'ailleurs, entre les deux communes responsables de la mission locale, doit disparaitre au plus vite. 

 

Merci à nos élus ... de proximité !

 

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18 novembre 2010 4 18 /11 /novembre /2010 18:58

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17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 10:00

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16 novembre 2010 2 16 /11 /novembre /2010 18:44

Coup sur coup, deux déclarations d'actualité qui, finalement, ne sont pas si éloignées...bien que d'auteurs différents !

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